‹ Au foyer de mon presbytère [microforme]Chapitre 62 sur 66 · LE CHANT DES PATRIOTES · texte numérisé non relu

LE CHANT DES PATRIOTES

AIR :-—Pendant ces trois grands jours. . .

NFANT du Canada, De Ia France idolâtre,

Aux bras d’une marâtre

Hélas ! on me jeta.

La France est mon berceau ;

Ce sol est ma conquête :

Je puis lever la tête

Sous ce rouge drapeau !

Refrain :

Quel insolent dit aux Français :

‘{ Disparaissez du Nouveau-Monde ! ” Que notre fier ccnon réponde :

Honte et mort aux Anglais !

(*) L'auteur, dans ces strophes, n’entend pas approuver le Mouvement insurrectionnel de 1837, Il a simplement l'intention

d’y refléter légèrement l'exaltation de ces volontaires dont l’héroisme irréfléchi, mal dirigé, a failli entraver à jamais la conquête de nos libertés civiles et religieuses. Le clergé canadien, dont le patriotisme, il nous semble, n’a pas besoin d’être prouvé, a condamné dans le tempsle mouvement de 1837. L'avenir est venu vite confirmer la sagesse de son attitude. Iacte d'Union, destiné, de l’aveu même de l'Angleterre, à nous ‘ écraser,” a clairement fait voir qu’il n’y avait rien à gagner après d’elle par la violence.—L’Angleterre, au fond, ne tenait pas à nous anéantir, mais à nous ‘‘assimiler.” Pourquoi voulait-clle faire de nous des protestants et des anglais ? Ni par zèle religieux, ni par un excès de patriotisme : nation avant tout essentiellement politique, l’Angleterre ne voulut opérer chez nous cette double transformation que parce qu’elle la jugeait nécessaire à son but principal qui était de faire de sa nouvelle colonie nne partie ‘normale?’ de son empire. Îl fallait donc de notre côté nous hàter de lui prouver que nous pouvions rester catholiques et français et être de parfaits sujets anglais. Or, l'insurrection de 1837 était plutôt de nature à accentuer aux yeux de l'Angleterre ce préjugé : que sa nouvelle colonie n’était pas capable de devenir un rouage harmonieux de son gouvernement représentatif responsable. —Ce préjugé injuste, Bédard, Parent, et plus tard N eilson, Baldwin, Lafontaine, Morin, Taché, etc.,—croyait qu’il fallait le détruire par une attitude loyale quoique militante, par une lutte énergique mais constitutionnelle, et non pas avec de pauvres canons de bois pitoyablement révolutionnaires, quelqu’héroïques qu’ils fussent. Du reste,

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À vous les gros canons 1

À vous, flers bureaucrates, Les soldats écarlates,

Les rouges bataillons !

Mais de notre côté, Voyez-vous cette Femme Qui du ciel nous acclame ?— Vive la Liberté !

mais qui s’explique, le clergé canadien—comme

Le chant des patriotes

———…—…—m mn ammnasar pepe

Depuis longtemps, soldats, L'on plaide avec noblesse, Loyauté, politesse :

L'anglais ne comprend pas !

Parlons-lui, Canadiens, Une langue plus nette, — Et que la bayonnette

Plaide nos droits divins !

il est acquis aujourd’hui à l’histoire que cet acte d'Union de 1840, ‘ul lancé contre nous comme un engin de représailles, nos hommes 1) d'Etat canadiens, aidés par la Providence qui tire a1 besoin le ‘à bien dn mal, ont fini par le faire tourner à notre avantage, et par Î | s’en faire une arme maSnifique dans la conquête de nos libertés. fl

L’Angleterre, au jourd’hui, nous respecte et nous rend justice.

(Note de l’auteur.)

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