‹ Au jardin de l'infante; augmenté de plusieurs poèmesChapitre 42 sur 58 · CHANSON D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

CHANSON D'ÉTÉ

Le soleil brûlant

Les fleurs qu'en allant

Tu cueilles, Viens fuir son ardeur Sous la profondeur

Des feuilles.

Cherchons les sentiers A demi frayés

Où flotte, Comme dans la mer, Un demi-jour vert

De grotte.

Des halliers touffus Un soupir confus

S'élève Si doux qu'on dirait Que c'est la forêt

Qui rêve...

Chante doucement ; Dans mon cœur d'amant

J'adore Entendre ta voix Au calme du bois

Sonore.

L'oiseau, d'un élan Courbe, en s'envolant,

La branche ; Sous l'ombrage obscur La source au flot pur

S'épanche.

Viens t'asseoir au bord Où les boutons d'or

Foisonnent...

Le vent sur les eaux Heurte les roseaux

Qui sonnent.

Et demeure ainsi, Toute au doux souci

De plaire, Une rose aux dents, Et ton pied nu dans

L'eau claire.

Page 1