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Au jeudi saint [microforme]

C'est avec ses prêtres que Jésus-Christ voulut passer la nuit suprême qui précédait le jour de su mort et durant laquelle il devait, au milieu des plus augustes mystères, instituer l’Eucharistie et créer le Sacerdoce.

C'était la Paque légale. II voulait la faire avec ses disciples. Cette réunion était celle des adieux. Aussi dès que le Sauveur est à table avec les douze, il leur dit: Jui désiré, dun désir ardent de manger cette Pâque avec tous, avant de souffrir.

Des la cène commencée, il ouvre son coeur et laisse déborder son amour: Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin. À

C’est alors que s'établit, dans ce cénacle préparé à l'avance et dûment orné par de pieuses mains, à cette heure où règnent partout la solitude et le silence, un colloque incomparable entre le Maître et ses disciples les plus chers. C’est lui surtout qui parle. C’est son dernier discours, II y concentre ses affections, II livre son Ame. Une émotion intense étreint son petit auditoire.

Jamais, dans l’histoire des sentiments humains et de leur expression par le verbe, vit-on pareil spectacle, La parole de Jésus est tout à la fois forte et suave, simple et sublime, solennelle et pleine du plus doux abandon. C’est dans P'intimits la plus étroite, Finjonction divine qui communique ses volontés à ceux qui vont être les participants de sa mission, les dépositaires de son sacerdoce et les gardiens de sa personne sacrée, comme les dispensateurs de ses grâces.

Tous les douze sont là. Chacun d'eux a été à son tour l’objet de la même faveur, celle de la vocation par un appel direct et personnel. Tous ont su de prime abord ce qu’il exigeait d’eux comme condition indispensable de leur apostolat : séparu-

tion du monde, renoncement par la pauereté aux biens teniporels, générosité dans le sacrifice pouvant aller jusqu’à l’effusion de leur sang, union fraternelle à l'écart de toute rivalité et de toute ambition. Iis ont tout accepté. Déjà, en maintes cireonstances, Jésus a fait voir le prix qu’il attachait à leur affectueux et inviolable attachement. II se complaisait avec eux. A l'heure des grandes lassitudes, c’est avec eux qu’il se retirait loin des foules pour goûter un peu de repos.

Et voici qu’il veut, avec ‘une concision qui exprime en quelques paroles toute la perfection spirituelle qu’il entend demander à ses prêtres, résumer toutes ses leçons à ce sujet.

II leur avait dit: Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. . :.

L'humilité, c'est la vertu qu'il met à la base. Il le fait sans préambule par lexemple qu'il en donne. II se lève de table, dépose ses vêtements et prenant un linge, il le met autour de. ii. Puis il verse de Peau dans un bassin et commence à laver les pieds de ses disciples, les essuyant avec le linge

attaché à sa ceinture. Après leur avoir lavé les pieds, il reprit ses vêtements et sétant remis à table : Si je vous ai lavé les pieds, moi, le maître et le seigneur, vous devez vous aussi, vous laver les Pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l'exemple, afin que vous fassicz à votre tour, ce que j'ai fait moi-même pour vous... Le serviteur n'est pas plus grand que son maître, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous comprenez ces choses, mettez-les en pratique et vous acrez bien heureux...

Quelques instants après, en dépit de cette le- Son qu’ils venaient de recevoir par l’abaissement même de leur maître à leurs pieds, il y eut un débat entre les apôtres sur celui d’entre eux qui semblait être le plus grand. L’éternel tourment de Porgueil et de ambition. Mais Jésus leur dit : Les rois des nations dominent sur leurs sujets, et ceuæ qui ont puissance sur les autres se font appeler bienfaiteurs. Qu'il n’en soit pas ainsi parmi vous. Mais que celui d’entre vous qui est le plus grand, soit comme le moindre, at que celui qui tient le premier rang, aoit comme celui qui sert. Lequel, en ef- Jet, ot le plus grund. de celui qui est assis à table ou de celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? Et moi cependant je suis au milieu de vous comme celui qui sert.

Ceux à qui Jésus parle en ces termes ont reçu la communion eucharistique. Déjà, par là même, ils sont vraiment ce qu’il y a de plus grand. Ils possèdent en eux-mêmes le corps et le sang de Jésus. Ils vivent avec lui, pour le moment, d’une même vie. Bien plus, il les a faits ses prêtres et il s’est fait lui-même la victime du sacrifice qu’ils offriront par la vertu de son propre sacrrdoce. Ils possèdent done son autorité et ses pouvoirs, Y at-il quelque chose qui puisse dépasser pareille gran leur ? Et c’est au moment où il vient de les élever à ces sommets que Jésus prêche à ses apôtres, à ses prêtres, l'humilité, comme vertu fondamentale de leur dignité, essentielle à l’eff'cacité de leur ministère, et indispensable pour anir la récompense qu’il promet :

Pour vous qui êtes constamment demeurés avec moi dans mes épreuves, je vous prepare à mon tour un royaume comme mon Père me l’a préparé. Dans mon royaume vous mangerez et boirez à ma table et vous y siégerez sur des trônes pour y juger les douze tribus d'Israël. À

Cette leçon si nette et si énergique ne paraît point suffire encore, puisque tout de suite après, Simon-Pierre est pris en flagrant délit d’orgueilleuse présomption. Seigneur, dit-il, où donc allezvous f Ou je vais, répondit Jésus, tu ne peus me suivre présentement. Plus tard tu me suivras.

Et pourquei, demanda Pierre, ne puis-je vous suivre à présent . Je donnerai ma vie pour vous... Avec vous, Seigneur, je suis prêt à aller et en prison et à la mort! Il se croyait plus ferme et meilleur que tous les autres,

Tu donncras ta vie pour moi; O Pierre, en vérité je te le dis avant que le coq ait chanté deum fois, tu maurus renié trois fois. Et Jésus ajoute : Simon, Simon, voilà que satan d demandé à vous Passer au crible comme du froment. Mais moi jai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point, et toi unc fois converti, soutiens et affermis tes frères.

Il est clair que la faute prévue de Pierre sera imputable, non pas à sa foi qui restera intacte, mais à l’insuffisance de son humilité, c’est-à-dire

à l’orgueil,

D'où l’on peut voir que le danger principal à redouter pour ceux que leur vocation spéciale, leur situation privilégiée et leurs fonctions élèvent audessus de la multitude, c’est vraiment Porgueil. Et en effet, à moins de se tenir constamment en présence de Dieu, qui seul nous à donné ce que nous avons, et sans quoi nous serions tout an plus au niveau commun, il y a bien à craindre que la pauvre nature déchue se serve précisément de ces dons tout gratuits pour se gonfler de vanité, se nourrir

d’une prétention vulgaire et se prévaloir, dans des vues tout humaines, d’une autorité qui appartient à l’ordre de la grâce, et n'est conférée au sacerdoce que pour le bien des âmes, et nullement pour l’avantage personnel du prêtre.

Notre-Seigneur apprend ici aux apôtres et à tous ceux qui, dans la suite, hériteront de leur sublime caractère, qu’ils doivent, dans leur ame, établir avec sa grâce l'humilité, sur des bases d’autant plus solides et profondes que l'édifice surnaturel de Ia perfection sacerdotale doit s’élever plus haut, jusqu’à atteindre le coeur de celui qui est venu sur la terre avec sa qualité de prêtre éternel, et qui entend rattacher à son propre sacerdoce toute la gloire, comme toute l'autorité, que seul il concède aux prêtres de son choix.

Durant cette nuit à jamais mémorable, il se passe un épisode souverainement cruel pour le coeur de Jésus; plus cruel peut-être que tout ce qu’il allait endurer au cours de sa passion et même durant son agonie sur la croix.

C’est la défection d’un de ses prêtres.

Judas, comme ses frères, avait été l’objet des tendresses du Maître. Jésus même avait eu pour lui cette attention particulière de le reprendre avec douceur, quand il avait cependant fait montre d’un penchant misérablement bas et mesquin. Jésus, évidemment, connaissait le fond du coeur de ce traître dont l’avarice saerilege allait, dans l’ordre des faits extérieurs, causer l'arrestation de son Maître.

La scène est poignante quand Jésus prononce cette terrible parole: n vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me trahira… Et celui-là mange avec moi,

La tristesse et beffroi s'emparent des disciples. Chacun interroge : Est-ce moi Seigneur. Judas lui-même demande: Hot. oe moi Maître? Tu Vas dit, répond Jésus. Mais le misérable ne bouge pas. II faut qu'il consomme son crime. Il faut qu’il communie au corps et au sang, et qu’il devienne lui aussi le prêtre de Celui qu’il se prépare à livrer à ses ennemis. C’est alors que Jésus trempe du pain, le donne à Judas, fils de Simon Iscariote. Dès que Judas eût mangé ce pain, Satan entra en Jui. ,

Ce que tu fais, lui dit Jésus, fais-le vite.

Judas sortit, il était nuit.

Mais I Esprit - Saint, dans l'Evangile, prend soin de faire observer que Judas put s’esquiver parce qu’il tenait la bourse,

C’est la troisième fois que cet apôtre infidèle est représenté comme enclin à l’avarice, et c’est Famour de l'argent qui fut vraiment cause de sa

perte.

Personne, avait dit le Sauveur, ne peut servir à la fois deux maîtres. : Dieu et Mammon. Il faudra nécessairement qu’il abandonne l’un pour l'amour de l’autre.

C’est pour cela que, de tous ceux qui veulent le suivre pour tendre à la perfection sur ses traces, il exige un détachement complet, absolu, des biens de ce monde. Sans doute, ceci s'applique directement à ceux qu’un appel intérieur plus fort amène à prendre la croix, pour la porter au prix de tous les sacrifices, ce qui se traduit pratiquement par la vie religieuse. Mais dans le sacerdoce, où les âmes sont encore plus véritablement consacrées au service divin, cette perfection par le renoncement n’est pes seulement désirée, exigée, elle est supposée, et Notre-Seigneur l'indique en plusieurs endroits de son évangile, soit en enseignant, soit en faisant briller en lui-même, la pauvreté dans tout son éclat, puisqu'il n’a pas même une pierre pour reposer sa tête, qu’il lui faut faire un miracle pour

Payer le didrachme de l'impôt; soit en obligeant ses disciples à la pratiquer avec lui : Vous avez reçu gratuitcment, donnez gratuitement. Ne portes rien en chemin, ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans vos ceintures, ni sac de provisions par la route, ni deux tuniques, ni chaussures, mais de simples sandales... 4 ouvrier est due la nourriture... Deux passereauæ ne se vendent-ils pus une obole ? Et pas un ne tombe sur la terre sans que votre Père le permette. Les cheveux même de votre tête sont comptés. Ne craignez point vous valez mieux que beaucoup de passereauæ.

Notre-Seigneur semble dire : pour mon service il faut tout laisser et ne plts s'inquiéter des biens de ce monde. Mais à mon service rien ne vous manquera de ce qui vous est nécessaire; pour le reste, rien ne vous est promis, parce que ce serait indigne de votre vocation. Je vous communiquerai mon sacerdoce, ma doctrine, mon autorité, ma grâce, pour faire mon oeuvre. Mais n’allez pas en même temps quérir les trésors périssables de ce monde. Leur recherche et leur attachement vous rendraient indignes et incapables du ministère surnaturel que je veux vous confier.

Judas qui n'avait point compris et surtout qui n'avait aucunement goûté ces enseignements, était sorti du cénacle, dominé par son avarice ; ce prêtre

ns

fnfâmie allait consommer son marehé sacrilège et retirer son argent; Jésus dit aux autres apôtres : Quand je vous ai envoyé sans bourse, sans sac, sauna chaussures, avez-vous manqué de quelque chose ? De rien, dirent-ils.

La leçon -:c terrible. Elle sera profitable aux apôtres. Ils ont, à exemple de leur maître, gardé la pauvreté comme un trésor. Ils ont parcouru le monde, évangélisant tous les peuples, commandant : partout avec la pleine autorité de leur mission. Ils sout tous restés pauvres, et nulle part il n’est dit que des héritiers se soient disputé leur succession. Pauvreté apostolique et sacerdotale.

Une vertu plus noble encore et plu: sublime que Notre-Seigneur inculque avec insistance à prêtres durant cette dernière cène, c’est la charité, la charité fraternelle entre eux. Il semble bien, par l'énergie avec laquelle il revient quatre fois sur le même sujet, que Jésus ait voulu indiquer que, par suite des petites passions humaines gardées au fond de toute Ame meme sacerdotale, cette diléction, exclusive non seulement de la haine, mais encore de la rivalité, de la médisance, des divisions

intestines, de la rancune, bref de l’égoisme sous toutes ses formes, serait Particulièrement diffieile à pratiquer. Il avait naguère appelé nouveau le commandement de l'amour du prochain, semblable au commandement même de amour de Dieu.

Cet amour, devenu la loi commune, ne suffit point lorsqu'il s'agit d'établir entre les disciples Funiun étroite qui fera la force de leur ministère, en même temps qu’elle sera le signe auquel ils se feront partont reconnaître. il

Navait- il pas dit à ceux qui doivent être le sel de la terre et la lumière du monde : Si vous présentez votre offrande à l'autel et que là, vous vous souveniez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez-là votre offrande, devant l'autel, et allez d’abord vous réconcilier avec votre frère. Alors seulement, vous Pourrez venir présenter votre offrande.

Cet amour fraternel sacerdotal, a sa source dans le. coeur de Jésus lui-même, Je suis la vigne, vous êtes les sarments, mon, Père est le vigneron. Comme le Père m'a aimé; ainsi moi-même je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. C'est de l'affection fraternelle entre ses prêtres que Jésus veut tirer sa joie, et faire jaillir la joie la plus complète pour les pré-

tres eux-mêmes, Sans donte parce qu’elle est le fruit nécessaire de l'amour de Dieu dans l’état de grâce.

Mon commandement est celui-ci : aimez-vous les uns les autres, comme moi-même je vous ai aimés. II semble en appeler à sa douceur, à sa patience, à sa miséricorde, à la bonté ineffable avec. laquelle il les a supportés en dépit de leurs défauts. Hélas, il peut en appeler par avance au pardon dont il couvrira Vabandon, les lâchetés, le reniement dont il sera tout à l'heure victime.

Pardessus tout, ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres.

Mon Dieu, cette charité fraternelle, sacerdotale, si exaltée par Notre-Seigneur, est donc parfois bien dure dans ses préceptes! ou bien Jésus at-il voulu faire voir tout ce qui s'attache de danger À la sensibilité, exquise sans doute, mais aussi parfois atroce et effrayante d’une âme sacerdotale? A- t· il voulu montrer jusqu’à quel degré de susceptibilité maladive, soupçonneuse et injuste, peut arriver une âme, d'autant plus facilement pentêtre qu’elle est plus dégagée des choses vulgaires? Toujours est-il que Jésus ne se contente point de prêcer à ses prêtres cette charité fraternelle, cette dilection dans l’union des coeurs, il termine son discours par une prière qu’il adresse à son Père

et ce qu’il demande uniquement, c’est cette charité: Que tous ils he soient qu'un, comme vous, Père, êtes en moi, comme moi je suis en vous. Ainsi qu’ils soient un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé.

C'est cette charité vraiment sacerdotale que saint Paul appr- ra plus tard directement de Jésus-Christ, et dont il présentera si lumineusement les divers aspects: La charité est patiente, elle est douce et bicnfaisante, la charité n’est point envicuse, elle n’est point téméraire et précipitée, elle ne s’enflc point, elle n’est point ambitieuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pia de point et ne s’aigrit point, elle n’a point de Mauvais soupçons, elle ne se réjouit point de Pinjustice, mais elle se réjouit. de la vérité, elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. ().

Le prêtre est par définition l’homme de la prière, de la prière officielle et publique. Aux apôtres très particulièrement, Notre-Seigneur avait recommandé la prière permanente qui anime tous

€) I Cor., xur.

les actes. II avait enseigné la prière expressive et efficace entre toutes. II avait promis de la part de son Père l’accomplissement de tous les voeux exprimés dans la prière faite en son nom. Aujourd'hui avant de les quitter, il veut les former définitivement à l'esprit de prière dont tous les actes se ramènent à la foi, à l'espérance et à Pamour. a

Que votre coeur ne se trouble point. Vous croyez en Dieu, croyez de même en moi. Je suis la voie, la vérité et la vie.

La foi est le principe, la base de la prière. Celui qui croit en moi, fera lui aussi les oeuvrer que je fais, il en fera de plus grandes encore, parce que je vais au Père. Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le réalisera, afin que le Père soit g’orifié dans le File. Et si vous me demandez à moi-même quelque chose en mon nom, je de ferui.

Jésus veut que l’objet de la Prière, dans le coeur et sur les lèvres du prêtre, soit toujours surnaturel, et tende à cette fin glorieuse que le divin Sauveur, par ses mérites, nous a remis à même d'atteindre dans le ciel. Notre espérance n'est point vaine, elle est soutenue par les Promesses divines et Jésus le rappelle à ses disciples. II / a une multitude de demeures dans la maison de mon Père.

DS e

S'il n'en était pas ainsi, je vous l'aurais dit: je vais vous préparer une place. Je men vais donc, mais quand je vous aurai prepars une place, je reciondrai ot je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez vous aussi là où moi-même je suis. Au reste, vous savez où je vais et vous en savez la voie.

Seigneur, s’écria Philippe, montrez-nous le Père et cela nous suffit.

Pour animer leur confiance et leur espoir, Jésus promet à ses apôtres le Consola teur, l'esprit de vérité, qui apportera avec lui toutes les lumières et les grâces nécessaires, et qui doivent être demandées constamment par la prière. Je vous ai dit ceci, tandis que je demeurais avec vous, mais PEsprit-Saint, le consolateur que le Père enverru en mon nom, vous enseignera toute chose, et vous rappellera tout ce que je vous aurai dit.

Mais la prière, et entre toutes la prière sacerdotale, suppose l'amour, et bamour lui-même entraîne la confiance et la parfaite soumission. Si vous m’aimez, gardez mes commandements Oclui qui ne m'aime point ne garde point mes paroles... Si vous demeurez en moi et si mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez et vous l’obtiendrez.

Le prêtre, dans la prière, voit one en Dieu un Pere souverainement puissant, infiniment bon, et qui met ses faveurs au prix de l’obéissance à ses lois.

L’obéissance sacerdotale se modèle sur Dobel sance de Celui qui est venu pour faire, non sa volonté, mais celle de son Père qui l’a envoyé ; il a été obéissant jusçu’\ la mort, jusqu’à la mort de la Croix. L'obéiss ee, dans une âme de prètre, se confond avec l’obéissance du Prêtre éternel, de qui, il tient son sacerdpce, et c’est elle seule qui assure le mérite et le fruit de son ministère, selon la parole de Esprit Saint: L’obéissance vaut mieux que le sacrifice.

Et le ministère sacerdotal a pour but de faire vivre dans les âmes fidèles ces vérités et ces sentiments. Notre-Seigneur l'indique à ses aptres en même temps qu’il marque le prix qu'il attache à leur zèle : Ce qui glorifie mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous deveniez mes disciples. C’est pour cela que je vous ai institués... Vous me rendres témoignage. Mes ennemis seront les vôtres : L’heure vient où qui- Conque vous fera mourir croira faire une oeuvre agréable à Dieu.

Mais parce qu’ils sont tous ensemble ses amis. qu’ils devront poursuivre son oeuvre, qu’ils endu-

reront les mêmes Persécutions, et qu’ils devront Sede au monde pour le At des Amos,

du Même amour dont vous m'avez aimé.

aller au-devant de la souffrance, de limmolation, de la mort.

Les disciples n’y comprennent rien sans doute, mais le Maître prélude au sacrifice. Lui-même sera prêtre et victime tout à la fois et, en tant que Dieu, il recevra les

Mais Jésus, de ses disciples, veut faire des pré. tres, participants de son sacerdoce, d'autres luimême, pour le maintien en Permanence, sous une forme mystique, réelle toutefois, bien aue non sanglante, du sacrifice qui sera tout à l'heure consommé sur le Calvaire. Jésus par là, ne voulant point nous Jaisser orphelins, se constituera présent, à Perpétuité, dans le monde par l’Eucharistie sous les humbles apparr ces du pain et du vin; et par l'institution dr: Acerdoce, chacun de ses prêtres pourra en tout

De meme, prenant la Coupe à la fin du repas, il rendit grâce, la bénit et la présenta à ses disciples en disant: buvez-en tous, car ceci est le calice de mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera

«répandu har vous et pour un grand nombre, en rémission das péchés, Faites oeci en mémoire de moi toutes Jes fois que vous le boirez.. .

Les promesses étaient accomplies,

L'Eucharistie était instituée : le sacerdoce, le nôtre, était créé. Les premiers prêtres choisis, instruits, formés par Jésus lui-même, faisaient lu première heure d’adoration eucharistique sacerdotale...

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