PS
de sa course, elle a pu creuser successivement parmi nous, et elle laisse derrière elle dans nos rangs tant de vides !
D'un bond prodigieux, elle nous a précipités nous-mêmes vers l’abîme toujours béant de notre éternité, où nous allons, poussés par une force si persistante, si irrésistible que, dans l’impossibilité od nous sommes de nous arrêter même un instant sur la pente de la vie, il faut bien nous rendre à l’évidence de cette vérité:
que le temps n’est rien qu’une légère vapeur, un souffle, une ombre qui fuit.
Qu'est-ce donc que notre existence icibas, si courte, et cependant si fugitive, si rapide dans son envolée, formée d’une partie plus ou moins grande d’un temps qui n’est rien ?
Que sont les choses de ce monde, si fragiles, si vaines, si futiles ?
“ Elles passent comme l’ombre ”, dit le Sage, comme le messager qui court, comme le navire qui fend les flots, ou comme l’oiseau qui vole dans les airs, comme le trait lancé au but désigné. ”.
Et ce but, en réalité, c’est le néant pour tout, excepté pour notre âme. Pour elle,
c’est l’Eternité dans laquelle bientôt elle doit entrer.
Tout est donc vanité sur la terre, endehors de ce qui peut nous conduire au bonheur de l’autre vie. Cette pensée do-
minant, au déclin de l’année, le bruit des réjouissances profanes, devrait suffire à détacher notre coeur des affections terrestres, pour l’unir étroitement à Dien, notre Créateur et notre Père, qui nous a faits pour lui-même, et qui ne nous accorde la paix et le bonheur que dans la re-
cherche et la possession de cette fin suprême.