FUITE ET LE PRIX DU TEMPS
Voici de nouveau le jour de PAn, c’està-dire le moment où une année expire et une autre année s'ouvre devant nous.
C'est un jour qui a dans Ia vie chrétien
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et dont il amène de Int sême in douce et Hamme elle s'est écoulée vite cette an:
de qui finit! In semble qu'elle tient de
sis
le passage d'épreuves douloureuses. N’insistons pas. Elle rappelle en même temps des bienfaits nombreux dont la Providence nous a comblés et qui appellent de notre part la reconnaissance la plus profonde,
Comment avons-nous su profiter de l’année qui nous avait été accordée pour faire le bien et travailler à notre sanctification? Une année! C’est quelque chose de bien précieux dans le cours de notre vie qui peut s’éteindre à chaque instant. Le temps, qu'est-ce done après tout? Ce n’est point le passé, puisqu'il n'existe plus. Estce l’avenir? Mais nous ne pouvons pas compter sur une heure d’une façon certaine. Ce n’est done que le moment présent, et ce présent, il fuit toujours comme année elle-même qui n’est qu’une succession de moments dont chacun peut être le dernier.
En somme le temps, pour chacun de nous, c’est la suite des jours ou des heures dont nous pouvons user utilement Pour préparer notre éternité.
Si nous étions sur la terre pour faire fortune, parvenir aux honneurs, ou jouir
dans la possession de tout ce qui peut flatter nos sens et nos penchants, alors tous devraient être riches ; et il y a tant de pauvres. Tous devraient commander et dominer, et le plus grand nombre doit se soumettre et obéir ; tous seraient heureux et il y en a tant qui gémissent dans | la douleur. Tout cela est donc pure vanité. Et c’est tout ce que la terre pourrait nous donner; nous ne sommes donc pas destinés à trouver notre bonheur sur la terre. Il faut regarder plus haut.
Et tout en usant, sous les bénédictions de Dieu, des biens de cette vie dans la mesure où il nous les accorde, il faut de plus nous soumettre aux épreuves qu’il nous envoie et chercher en lui notre fin suprême. Autrement notre coeur est tourmenté sans pouvoir jamais avoir de repos. Notre demeure permanente ne saurait être ici-bas : elle est là-haut; non dans le temps, mais dans l’éternité. C’est pour y parvenir que Dieu nous accorde le temps. Notre-Seigneur n’est venu sur la terre dans le temps que pour employer lui-même en notre faveur, et nous acheter le moyen de nous en servir pour arriver
jusqu'à lui. La vie, les souffrances, la mort et toute l’oeuvre du Sauveur n’ont pas d’autre objet que de nous mettre à même de gagner l'éternité bienheureuse en employant bien notre temps, c’est-àdire, notre vie. Vie si courte, en elle-même si fugitive, si fragile, et qui ne laisse derrière elle, pour notre utilité finale, que les mérites acquis et le souvenir de nos bonnes oeuvres. Notre vie, l’Esprit-Saint la compare à une fumée, une ombre, un souffle, au sillon tracé par le navire, à une vapeur éphémère, à la course d’un torrent qui se précipite et que rien ne peut arrêter.
Et dire que le temps est peut-être, aussi bien que la chose la plus précieuse, celle dont la perte est la moins réparable. Impossible de racheter le temps perdu, il est fini pour toujours. On peut bien prendre d'excellentes résolutions pour l’avenir.
Mais outre que cet avenir est incertain, en lui donnant toute sa valeur par notre activité, et en correspondant à la grâce, on ne fait encore que ce qu’on aurait dû faire et que ce qu’on doit faire toujours, mais on ne peut l'appliquer au passé.
Quelle perte done que celle du temps qui ne sert point à notre sanctification ! Et il y a eu pour chacun de nous tant de manières de gaspiller ce trésor, soit simple négligence, soit éloignement positif par le péché, de Dieu et de son amour; et à supposer qu'une âme ait vécu toute cette année en dehors de son devoir, en dehors de la voie qui conduit au ciel, quelle perte immense. ! |
C’est done là une réflexion qui s’impose, et que le jour de l’an nous inspire par son nom même. Cela veut dire en effet: Le temps passe vite; la vie est bien courte et demain n’est pas sûr. Mettez donc à profit le jour d’aujourd’hui et que tout instant vous trouve prêts à quitter ce monde où rien n’est assez fort pour vous garantir l’heure, le jour ou l’année qui commence.
Soyes prêts.