M. LE GÉNÉRAL F. PERRIER
jommandeur de la Légion d'Honneur, Membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, Directeur du Service géographique au Ministere de la Guerre,
Vice-Président de la Société de Géographie.
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Lorsque je projetai ce voyage au Kurdistan, en Mésopotamie et en Perse, j'arrivais d'une longue excursion aux îles Sandwich et je me trouvais à Paris, en été, au moment où tout le monde le fuit.
Fatiqué au bout de peu de jours d'un genre d'existence dont j'avais perdu l'habitude, je songeais déjà à entreprendre un nouveau voyage, lorsque cette phrase d'un des livres de M. Reclus me tomba sous les yeux : « Actuellement le bassin du Grand-Zab est une des régions de l’ Asie antérieure où l’on ne se hasarde qu'avec prudence, c’est le pays de montagnes où vivent les Kurdes les plus belliqueux, c'est là que se sont réfugiées les tribus nestoriennes, habituées au pillage, pour braver les pachas. Schulz,
le premier Européen qui s'y aventura, fut tué à Djoulamerg avec tous
Cette description, un peu effrayante, piqua vivement ma curiosité et fit naître en moi le désir de connaître ce pays si peu exploré.
J'étais tenté de traverser cette région difiicile, d'en relever les principaux points et de rapporter sur elle des détails inconnus. M. le Ministre de l'instruction publique, sur l'exposition de mes projets, voulut bien me charger d'une mission géographique et archéologique qui donnait à mon voyage un véritable intérêt d'utilité.
Cet ouvrage n’est, du reste, que le développement du rapport que j'ai
eu l'honneur d'adresser à M. le Ministre de l'instruction publique. C’est |
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le récit de mes aventures, la reproduction de mes notes el des observations que j'ai faites. Je n'ai pu être toujours ausst complet que je l'aurais souhaîté, à canse de l'hostilité constante que J'ai rencontrée en Turquie ; 10 crois néanmoins que la lecture de ce livre ne sera pas sans utilité pour le
voyageur désireux de visiter à son tour ces intéressantes régions.
Je rendis, avant de partir, visite à Son Excellence le ministre de Perse à Paris, le général Nazare-Aga, qui me fit le plus bienveillant accueil et me remit des lettres pour les autorités de son pays ; je Suis heureux de lui témoigner ici toute ma J'ECONNAISSANCE.
J'eus la bonne fortune d'entraîner dans cette excursion un de mes amis, M. Émile Hamelin, désireux de courir le monde, bien portant, ne regardant pas à la fatique el avec lequel, chose assez peu commune parmi les voyageurs, j'ai gardé les meilleures relations.
Les préparatifs furent faciles et promptement faits. Habitué à voyager, je savais d'avance ce dont il fallait se munir. Nous partimes le 20 juillet par la gare de l'Est, où de nombreux amis Claient venus nous dire adieu.
Pour tout bagage, nous emportions chacun une malle en cuir, un sac, un lit de camp ; pour nous deux un paquet de couvertures et un appareil de photographie, expédiant par Marseille ce qui nous eût trop encombrés : plaques et produits photographiques, objets de sellerie, cartouches, boîtes de conserves, toutes choses que nous devions retrouver à Batoum et que nous n ATONS jamais revues.
Je n'insisterai pas sur notre itinéraire jusqu'à Constantinople, la route est trop connue. Nous fimes quelque peu l’école buissonnière : passant par Vienne et Pesth, puis descendant le Danube jusqu'à Lom Palanka, nous gagnons, par la route des Balkans, Sophia et Tatar- Bazardshik, d'où le plus épouvantable chemin de fer qui soi au monde nous mène définitivement à Stamboul. La nous devions passer quelques jours pour chercher à obtenir, par notre ambassade, un firman du qouvernement ture dont l'appui me semblait nécessaire. Mais M. de Noailles, notre ambassadeur, nous conseille de nous passer, si nous le pouvons, de
toute protection officielle : « Le firman que vous désirez, nous dit-il, serait