Les Kurdes ont presque tous la tête rasée
» octobre.
Au moment où nous partons, tout le village est réuni pour nous voir. Mon mulet me joue un assez mauvais tour, et peu s’en faut que je ne donne à l’assistance un joyeux spectacle. Cet animal trouve probablement mon poids désagréable, car, à peine ai-je mis le pied gauche dans l’étrier et élevé ma jambe droite en l'air par-dessus le volumineux paquetage, qu’il s’assied sur son train de derrière.
Notre hôte, content sans doute du cadeau que nous lui avons fait, nous accompagne une centaine de mètres, tenant mon mulet par la bride; son fils tient celui d’Hamelin et toute la famille nous escorte. Nous suivons un mauvais sentier au milieu du même jardin enchanté qu'hier ; les remblais en pierre qui soutiennent les champs font le plus grand tort à nos bagages ; les mulets qui se poussent contre eux avec leurs charges donnent des chocs formidables aux malheureuses courgines et à leur contenu. Après une heure de marche, toute végétation à disparu, le torrent est à sec, il n'y a plus de chemin ; nous suivons le fond du ravin, au milieu des rochers, dans une gorge aux parois presque verticales, d’une hauteur immense, et qui semblent inaccessibles. Nous rencontrons sur notre droite un ruisseau tributaire de l’Anthrad ; il amène un peu d’eau. Deux petits villages, l’un kurde et l’autre syrien, se sont élevés côte à côte, pour tirer de la terre arrosée par ce ruisseau une récolte qui leur permet de vivre. Le village kurde se nomme Djessi, le syrien Berdj, Ces villages peuvent disparaître d’un jour à l’autre ; 1l suffirait que quelque cause inconnue arrêtât l’eau : toute la végétation se dessècherait et le village entier serait obligé d’émigrer. Combien n’avons-nous pas rencontré de villages ainsi abandonnés sur notre route !
Pendant deux heures, nous gravissons en serpentant le versant de gauche ; jusqu’à mi-hauteur de la côte, quelques chênes poussent comme des broussailles ; puis la terre se dénude. Le panorama est à peu près semblable à celui que nous avons vu en arrivant à Van, c’est le même chaos de montagnes, mais plus grandiose encore et plus accidenté ; on se sent comme perdu, et on se perdrait inévitablement dans ce labyrinthe, si l’on n’était conduit de hameau en hameau par les paysans euxmêmes.
Au haut du col, le paysage change d'aspect : la terre est plus géné-
DE DJOULAMERG A AMADIAH. 187
ralement fertile; de l’herbe, des broussailles donnent une teinte moins grise. La descente n’est pas plus aisée que la montée ; 1l faut même que nous quittions nos mulets. Au bas, nous trouvons un autre torrent ; c’est le Belath-sou. Il est midi; à l’ombre d’un arbre nous arrêtons quelques minutes pour reposer les chevaux et manger un peu de raisin ; c’est la seule chose qui nous reste,
A cinq cents mètres en aval de l’endroit où nous sommes, la rive droite du Belath-sou est bordée par une paroi verticale d’une grande hauteur. Sur une distance d’une cinquantaine de mètres, le long de cette paroi, se trouvent les ruines d’un ancien viaduc dont il reste cinq ou six arches. On se demande comment de pareils travaux ont pu être aussi sottement abandonnés ? A quelle initiative les doit-on? À quelle époque remontent-ils ? À ces questions on me fait cent réponses difiérentes L’absence d'inscriptions rend presque impossible la reconstitution de l’histoire du pays.
Après quelques instants de repos, nous montons le versant opposé de cette nouvelle vallée. Une heure d’ascension, et nous atteignons les premiers jardins du village de Dal, centre un peu plus important où se trouvent un kaïmagan et un petit poste de zapétiés. Nous traversons le village, en échelons sur le versant Est d’une hauteur qui domine le col à notre droite. Les maisons sont au nombre de cinquante environ et paraissent misérables. Les petites cours de ferme sont remplies de paille hachée. Quelques instants après avoir traversé le village, nous nous arrétons près d’une source où s’ébattent des grenouilles. Yovan, pendant qu’on desselle les bêtes, va dans les maisons tâcher de trouver quelque nourriture.
Le kaïmagan qui nous à aperçus envoie un individu pour nous inviter à aller le voir. Je prie Simon de répondre au kaïmagan que Je n’ai pas à me déranger, que je suis pressé et qu’il peut venir si bon lui semble. Je le charge en même temps de demander deux autres zapétiés. Ce brave homme ne nous comprend pas toujours très bien et 1l dit au contraire qu’un seul nous suffira désormais.
Petit à petit, les habitants du village viennent tous pour nous regarder ; ils ne m'inspirent aucune confiance ; ils rôdent autour des bagages avec tant de curiosité, que je fais réunir et surveiller les charges: puis je donne le signal du départ. Les habitants voudraient nous faire
rester ici; ils nous disent qu'Amadiah est très loin; mais Simon qui,
tm * p ie,
=” D + 1 ré LÉ * ” - « — - 7 7 us —— tetes À SLT ment. — 3 = net ms = += Si = LS Damme Seal 2 ds pe re - mous Fr = LS - 2 HET
DE RE PE run — " le -
rm ©" 2 EE — a ——— ——
mere EEE