‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 131 sur 210 · Voyez Siouffi, Etudes sur les Soubbas · texte numérisé non relu

Voyez Siouffi, Etudes sur les Soubbas

turque, qui est la monnaie courante, à la place de napoléons. Pourquoi la

Turquie n’emploie-t-elle pas sa propre monnaie ?

14 octobre.

Nous passons la matinée à causer avec les Pères qui reçoivent plusieurs visites, entre autres celle de M# Benham-Benni qui, ayant appris notre départ, nous envoie quatre oies magnifiques pour joindre aux poulets que nous emporterons dans une cage en bois.

M. Siouffi vient nous inviter à déjeuner au consulat en compagnie du Père Duval. Nous parlons du voyage de M"° Kiouff qui arrive de Damas. Elle était accompagnée par son frère M. Dominique. La route, à travers le désert, est longue et dangereuse et 1l est nécessaire d’être bien escorté ; l’eau est fort rare dans les plaines à perte de vue du désert de Syrie (Badiet-esch-Scham), on est quelquefois deux et trois Jours sans en rencontrer. La route est fort intéressante ; on passe d’abord à Tadmor près des ruines de Palmyre!. Il est encore facile de constater ici la disparition graduelle des eaux. Les auteurs anciens vantent les eaux courantes de Palmyre, ses jardins, ses vergers, et maintenant, ruisseaux, jardins et ville ont disparu. Dans l’immense enceinte du temple du soleil aux mille colonnes, dont une centaine à peine subsistent, est un oroupe de quelques maisons, un misérable hameau qui se barricade dans les ruines pour se défendre des bédouins, et c’est là tout ce qui reste de la splendeur retentissante de la ville de Zénobie.

Le pays est tellement desséché que, pour gagner Deir sur l’Euphrate, on est obligé de faire sa provision d’eau aux pauvres puits de Tadmor. Deir est une place militaire turque ; la cité est relativement grande ; on y cultive le riz et le coton. De Deir on gagne Sindjar, à une journée de Mossoul ; c’est là‘que M. Siouffi est allé retrouver sa femme. Cette route est celle que l’on prend pour aller de Mossoul au port de Beyrouth ; mais, en arrivant d'Europe, on débarque plus généralement au port d’Alexandrette afin de traverser le désert par BiredJick et Orfa, où se trouve un

ravissant étang artificiel, nommé la fontaine d'Abraham. On prétend

1. Des inscriptions, d’une écriture particulière, furent découvertes à Palmyre; l'écriture porte le nom de palmyréenne. Les inscriptions rapportées par Awkin et Robert furent déchif-

frées par l’abbé Barthélemi. Les éléments de l’alphabet tiennent de l’hébreu et s’écrivent de droite ]

à gauche,

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qu’autrefois Abraham revenant d'expédition et ne sachant que faire de son armée pria Dieu de le tirer d'affaire. L'Étre suprême changea les soldats en carpes et fit un étang pour les y mettre.

Après le déjeuner nous sortons avec M. Dominique pour faire un tour à travers les bazars. Les marchands, sur le devant de leurs petites cases basses et sombres, travaillent ou attendent tranquillement la clientèle, au milieu de la cohue et de l’animation des passants. Ils travaillent patiemment ; l’un brode des étoffes, l’autre perce des tuyaux de pipe

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