‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 42 sur 210 · FAUCONNIER DU GOUVERNEUR D’OURMIAH · texte numérisé non relu

FAUCONNIER DU GOUVERNEUR D’OURMIAH

de l’Æpitome et récitent des vers français. Les Pères sont respectés et aimés de leurs élèves.

M5 Thomas, de retour d’une tournée épiscopale à Kosrowa, dans la vallée de Salmas, vient d'arriver : on se rend au réfectoire et, après les prières habituelles, la conversation devient aimable et familière; ces

PEU NE | messieurs n’ont pas l'habitude de causer pendant les repas ; mais l’arrivée

d’un voyageur les autorise à faire exception.

[EE Nous avons, un moment, songé à acheter des chevaux pour faire | notre voyage ; nous abandonnons ce projet, la surveillance pendant les | nuits serait trop difficile, et puis il nous faudrait nous occuper de leur nourriture chaque jour. Nous préférons chercher un individu qui nous

louera les chevaux et se chargera de les soigner jusqu’à Van. Malheureu-

sement, la route spéciale que nous voulons suivre est difficile et dange-

reuse et personne ne veut nous accompagner. Grérôme ne trouve qu'un

misérable bandit, avec lequel il s’entend sans doute pour nous demander

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| le prix exorbitant de deux livres turques par cheval. Le portier des Pères, : = c > * . . .,.p . :

| un ancien et fidèle serviteur, nous dit que pour presque moitié 1l peut

trouver quelqu'un ; nous nous en remettons à lui.

(L Les habitants ne songent qu’à nous exploiter, À mesure qu’on approche de la Turquie, la corruption augmente; le gouvernement n'a

14 aucune autorité et les fonctionnaires, qui devraient être les plus honnêtes,

| sont les plus corrompus. Lorsqu'un vol où un crime se commet, il SeTAI | facile de trouver le coupable; mais le détecteur s’arrange avec l'assassin, | | qui lui donne un bakchich assez fort et peut, dès lors, se promener en

EE El toute liberté.

Ce qui manque par-dessus tout, c’est une direction sérieuse. Il y a | deux ans, par exemple, en 1883, une troupe de deux cents brigands désolait le pays et tous les environs d’Ourmiah. On décida, en grand conseil, qu'il fallait prendre des mesures ; on leva une armée de cinq

mille hommes et l’on partit;les soldats n'avaient pas de souliers, mais on

| emportait des suaires d'honneur pour les morts. Fusils et canons furent mis en jeu. Les brigands disparurent, on n’en tua pas un; il y eut, Je

crois, un cheval blessé par un artilleur maladroit. Au retour de la cam-

pagne, les généraux demandèrent des médailles.

Les Mollaks ou prêtres, les Medjthal où évêques ont toute l'autorité; ils sont tout-puissants près de ces peuples fanatiques. Que de gouverneurs même ils ont fait expulser! Ils fomentent des troubles; le qe Eh vouvernement le sait, mais il ferme les yeux pour être tranquille.

À Un $eïd (descendant du Prophète) vient s’offrir pour nous accompa- - gner et nous propose d'organiser la caravane, Malgré l’aspect faux et dur de ce personnage, nous aurions peut-être accepté ses services Si nous

n'avions eu la prudence de lui demander le temps qu’il mettrait pour

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aller jusqu’à Van ; il nous répondit qu’il fallait compter huit Jours, quinze Jours où un mois (érch Allak!), comme il plairait à Dieu (nous ne pensions mettre que six jours pour le voyage). De Van, il voulait aller à

la Mecque en passant par Mossoul et Baghdad; il mettrait deux ans, trois ans, peu lui importait le temps. Ils sont tous ainsi dans ces malheureux pays, d’une lenteur et d’une nonchalance incorrigibles.

Tout en causant avec les missionnaires, nous apprenons que le pays est infesté de tribus pillardes. Ils nous conseillent de prendre une escorte. Nous sommes pourtant fixés sur le peu d’utilité des escortes ; en cas d'attaque, le premier soin des soldats serait de se sauver ou de prêter main-forte aux bandits, pour avoir leur part de butin.

Dans la journée, nous allons avec un des Pères faire visite au gouverneur qui dit quelques mots de français! Il est brun, assez bien de

figure, pas très grand, l’air intelligent et a l’œil singulièrement débauché.

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Du reste, la débauche est tellement commune en Orient qu’on la retrou-

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verait dans la description de chaque personnage.

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Le prince nous reçoit aimablement ; il nous fait offrir successivement

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des sirops, du café et du thé, puis il nous montre ses faucons ; il est grand

chasseur et nous donne lui-même des détails sur la chasse au faucon que je ne connaissais pas. Le faucon se perche sur la tête de l’animal que l’on

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