SUR LE GRAND-ZAB
que la nôtre, car ce ne sont pas les pourboires que nous donnons de temps à autre, mais les coups de fouet et les coups de bâton, qui nous font le mieux obéir et respecter.
30 septembre.
La pluie a tombé toute la nuit ; il a fait un orage des plus violents ; notre toit est heureusement imperméable, Les muletiers viennent pour se faire régler. Je charge Simon d’aller voir s’il n’y aurait pas au bazar quelque possesseur de bêtes voulant nous mener à Amadiah. Il revient Sans avoir rien trouvé.
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Le gouverneur arrive avec le chef des zapetiés ; nous lui offrons pour tout siège une planche et un tapis de feutre; il nous fait comme tous ses collègues les propositions les plus exagérées, et lorsque nous Jui disons que nous aurons besoin de zapetiés pour continuer notre voyage : « Toute la garnison (dix cavaliers, vingt fantassins) est à vos ordres ; nous-même nous vous accompagnerons, si cela vous est agréable. » Il doit aussi nous envoyer des muletiers qu’il connaît; Yovan offre le thé, puis ces messieurs prennent congé de nous.
Le temps est fort mauvais ; nous nous occupons, dans notre cabane, à mettre plusieurs affaires en ordre, à réparer nos bagages et nos vêtements. On m’apporte des costumes et des étoffes que j'avais demandés hier. J'achète à un paysan son costume de fête ‘. Malheureusement, je l’expédiai en France de Baghdad, et là il fut volé par les douaniers turcs. Avec lui disparurent bien d’autres curiosités et toute une caisse de crânes que
j'avais enlevés à grand risque la nuit dans un cimetière kurde et que je
destinais au musée d’anthropologie.
Nous profitons d’un moment où le ciel est plus clair pour prendre les vues de différentes parties de la vallée, et je dresse, entouré de vingt individus qu'intriguent nos hiéroglyphes, un relevé de. cette curieuse vallée.
Lorsque Yovan revient, désolé de n’avoir pu trouver un mouton, nous sortons avec Simon pour visiter le village, composé d’une rue bordée de petites maisons sales et basses. Nous voyons une mosquée entièrement délabrée et le bazar, sorte de cour carrée, entourée de petites niches, où se tiennent de pauvres marchands.
La pluie recommence à tomber, nous allons rendre visite au gouver-