‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 94 sur 210 · GRAND-ZAB · texte numérisé non relu

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neur ; les soldats nous présentent les armes à notre arrivée ; le ka imag'an réitère les promesses de ce matin, puis la conversation devenant languissante, nous nous retirons après l’inévitable café et rentrons dans notre cahute.

On vient encore me demander des consultations. L’un des malades souffre, dit-il, dans l'intérieur; je lui demande où est son mal. Il regarde l'interprète tout étonné : « Mais comment ne le sait-il pas, puisqu'il est docteur ? » Pour le coup, nous éclatons de rire ; ce n’est pas assez d’être docteur malgré moi, il faut encore qu’à la seule inspection, Je sache où doit souffrir le malade.

Après le diner, nous faisons chambre noire pour changer les papiers des châssis et préparons nos paquets. Demain, à six heures, les mulets doivent être à notre porte. Nous sommes pleins d’ardeur et nullement abattus par toutes ces fatigues ; puis nous sommes au cœur de cette vallée si funeste aux rares Européens qui ont essayé d’y pénétrer, mais que nous tenions tant à connaître; nous sommes émerveillés par la beauté du décor: et notre philosophie commence à être suffisamment exercée sur le seul ennui réel du voyage, la lenteur désespérante des Turcs,

1er octobre.

À six heures du matin, nos muletiers sont là ; ils ont l’air désireux de nous plaire ; ils nous apportent un panier de magnifique raisin. Ils ont le costume le plus fantastique qu’on puisse rêver, c’est un véritable costume de clown : un bonnet pointu de feutre blanc (Æiolos), une petite Jaquette courte (kiasaré) et un pantalon d’une largeur démesurée (tchalvar).

Quel n’est pas notre étonnement, après toutes les promesses du kaïmagan, lorsque nous voyons arriver, pour toute escorte, deux misérables soldats en guenille et sans fusil ; de vrais mendiants ! Je vais chez le gouverneur qui se dit malade ; je vais à la bicoque qui prend pompeusement le titre de caserne; je réclame, et je n’obtiens que cette réponse : « Si les Kurdes veulent vous interdire le passage ou vous piller, « ce n’est pas nous qui pouvons les en empêcher ; alors il est inutile que € nous sacriflions nos hommes. » J’ai beau insister, on ne m’accorde pas un soldat de plus ; on oblige seulement l’un des zapetiés à prendre son

fusil, mais on ne lui donne pas de cartouches. Nous sortons de la ville

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À qi 176 AU KURDISTAN.

escortés de ces deux individus, qui nous serviront de guides et de domes-

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