APP. T. — MŒURS DES INDIENS. LE CALUMET. LES DANSES
donneroit la beschée [becquée] à vn oyseau. On apporte pour troisième seruice vn grand chien qu’on venoit de tuer; mais ayant appris que nous n’en mangions point, on le retira de deuant nous. Enfin, le 4® fust vue pièce de bœuf saunage, dont on nous mit à la bouche les morceaux les plus gras.
» Après ce festin, il fallut aller visiter tout le village, qui est bien composé de 300 cabanes. Pendant que nous marchions par les rues, vn orateur haranguoit continuellement, pour obliger tout le monde à nous voir, sans nous estre importuns. On nous presentoit partout des ceintures, des jarretières et autres ouurages faictz de poil d’ours ou de bœufs et teints en rouge, en Jeanne et en gris. Ce sont toutes les raretez qu’ils ont. Comme elles ne sont pas bien considérables, nous ne nous en chargeasmes point.
» Nous couchasmes dans la cabanne du capitaine. Et le lendemain nous prismes congé de luy, promettant de repasser par son bourgdans quatre lunes. Il nous conduit jusqu’à nos canot[s] avec près de 600 personnes qui nous virent embarquer, nous donnant toutes les marques qu’ils pouuoient de la joye que nostre visite leur auoit causée. Je m’engageay, en mon particulier, en leur disant adieu, que je viendrois l’an i>rochaiii demeurer avec eux pour les instruire. Mais allant que de quitter le pays des II[l]inois, il est bon que je rapporte ce que j’ay reconnu de leurs couslumes et façons de faire. »