‹ Au MississipiChapitre 9 sur 84 · JU · texte numérisé non relu

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PÈRE MARQUETTE

Dans le commerce^ on peut citer Michel Marquette, uiarchaud drapier, eu 1694, gouverneur et écheviu. Il faudrait lui assigner d’autres émules eu assez grand nombre. Si beaucoup de charges se transmettaient autrefois de père en fils, presque à titre héréditaire, en fait, sinon en droit, beaucoup d’entre elles étaient honorifiques ou du moins fort peu lucratives. Par suite, dans des familles aussi fécondes que le fut celle des Marquette, il était nécessaire d’exercer une fonction rétribuée, et d’y faire fortune, avant d’accepter une magistrature gratuite. En supposant même que l’un ou l’autre eût augmenté rapidement son avoir, soit par son industrie, soit par un riche mariage, il lui fallait avoir donné des preuves d’intégrité, avant d’aborder, dans l’âge mûr, des fonctions peu lucratives. Aussi la plupart des Marquette ont-ils débuté par la pratique du commerce. On conçoit dès lors comment les enfants de ces grandes familles sont nés à Laon, et non dans les terres de leurs parents, hors de la ville. Le plus souvent, il n’était pas possible de séjourner à la campagne, avant de s’être retiré des affaires. D’ailleurs , l’eût-on pu ou voulu , la prudence ne l’aurait pas permis, au moment de la naissance des enfants, tant les villages étaient dépourvus de ressources médicales nécessaires. Le fait est prouvé par le grand nombre de naissances à Laon , même dans les mois que Von consacre d'ordinaire au séjour à la campagne.

De cet ensemble de considérations, il résulte, à défaut de registres baptismaux, pour la paroisse Saint-Pierre et pour la cathédrale, que le P. Jacques Marquette est bien né à Laon. Les catalogues originaux de la Compagnie de Jésus lui assignent, il est vrai, la qualité de Laonuois, Laudunensis. Mais cette désignation est équivoque, puisqu’elle peut signifier, né à Laon ou né dans le diocèse de Laon. Par le seul fait que la nécessité s’imposait aux familles qui se livraient au commerce, de ne pas sortir de Laon et que d’ailleurs, pour toutes les autres de même condition sociale, les enfants sont toujours nés à Laon, il semble que l’on peut conclure, sans crainte d’erreur, que le P. Jacques Marquette est non seulement né d’un père

GH. II. — FAMILLE MARQUETTE

et d’une mère établis à Laon, mais encore qu’il est né dans la ville même. Une lettre en latin du P. Dablou, jadis conservée à la bibliothèque de l’école Sainte-Geneviève, dans laquelle ce R. Père annonce la mort du P. Marquette, ne dit pas LaudunensiSy mais atteste qu’il est né à Laon, Laxiduni.

Les familles suivantes sont celles qui de nos jours représentent les plus directs descendants de la famille Marquette :

Mme Petit , veuve de M. le colonel Petit ; les Bevierre ; les Barbier-Legros; les Benoît-Barbier; les Dagneau de Richecourt, et une branche de la famille de Violaine alliée à une Dagneau de Richecourt ; les Gallien-Pineau ; les Hurier ; les descendants du général Canuet; les Myon-Hubert ; les Rasset et les Le Camus. D’autres, comme les Le Carlier, ont quitté le pays de Laon; mais il convient de citer M"™®® de Serirey et Choppin d’Arnouville, nées Canuel et petites-filles de Marquette de La Viéville, chef d’escadron de cavalerie : M"'® Fleury à Vorges ; M. le docteur Pineau à Laon; M™® Bevierre, née Châtelain; M. Bevierre, notaire à Urcel; M. le baron de Trétaigne à Festieux; M"* L. A. Marquette, à Veudresse par Beaurieux ; M. Charles d’Ogny, architecte à Paris; M. Callixte Gallien, ancien souspréfet, etc., etc. ; des membres encore nombreux de la famille Rasset, dont l’un, le plus connu, M. l’abbé Rasset s’est fait un nom par sa connaissance approfondie de l’histoire du Laonnois.

Comme on l’a vu plus haut, Marquette de Marcy, maire de Laon, eu 1736, ancien officier, eut dix enfants (1) dont sept

(i) Une de ses filles mourut en 1787. On possède encore son billet de faire part :

Vous êtes prié d’assister aux Convoi et Enterrement de Marie, Anne, Charlotte Marquette de Marcy, fille de messire’Jean, Claude Marquette de Marcy, écuyer, seigneur de Signy-le-Petit en partie, ancien capitaine du régiment de Berry, infanterie, gouverneur de la ville de Bruyères et maire de la ville de Laon, décédée aujourd’hui, 21 février 1787. L’inhumation se fera, demain, 22, au cimetière de l’église de Saint-Jean-au-Bourg, sa paroisse, après la messe qui sera chantée en ladite église, à dix heures et demie, et aux messes basses qui y seront célébrées les vendredi et samedi, 23 et 24 dudit mois.

Messieurs et dames s’y trouveront, s’il leur plaît.

De Profundis, pour le repos de son âme.

PÈRE MARQUETTE

garçons; trois d’entre eux, dont Marquette de Marcy, seigneur de Ligny, sont morts au service des Etats-Unis, pendant la guerre d’indépendance. Marquette de Ligny, un des officiers qui allèrent en Amérique, était marié; il laissa après lui une fille célibataire habitant à Laon. Un oncle de ces derniers, Marquette-Plumaison , revint d’Amérique et mourut à Laon, en 1811, laissant un fils Amédée, tué à la bataille de Brienne, en 1814, et un fils Félix-François- Auguste Marquette, maire de Chéret, en 1846, mort le 5 mai 1872. Sa fille, encore vivante, a épousé le colonel Petit. Le frère de M^^® Petit est mort célibataire, comme il a été dit plus haut , le 19 juin 1882.

Un cinquième fils de Marquette de Marcy s’appelait Jean- Charles Marquette de la Viéville. 11 servit sous la République et l’Empire, avec le grade de chef d’escadron et prit sa retraite à Laon, où il mourut en 1813-1814, laissant deux filles, l’une mariée au général Canuet, l’autre célibataire, retirée à Laon.

On ne sait rien du sixième et du septième fils.

Pour terminer, il faut dire un mot de la sœur du P. Jacques Marquette. Françoise Marquette, née vers 1627, eut l’inspiration de se vouer, en 1679, à l’éducation des jeunes filles pauvres et à leur instruction. Elle suivait sur ce point, quatre ans après la mort de son frère Jacques, l’exemple donné par leur cousin, saint .Jean-Baptiste de la Salle, le fondateur des Frères des Ecoles chrétiennes. Dans ce but, ayant réuni des compagnes animées du même esprit, elle ouvrit des écoles dans une maison qui lui venait de ses parents , au nord du champ Saint-Martin , et les fonda par un acte passé devant M® de la Campagne, notaire à Laon, le 9 octobre 1685. Avant de mourir, elle légua tous ses biens à la communauté dont elle faisait partie, et y ajouta les immeubles dont sa sœur, M“i® Maynon de Lillepré, lui avait fait donation, par acte reçu chez Me Tourtre, le 25 novembre 1688.

Les héritiers naturels de Françoise, dans les branches Marquette-Bugniâtre et Marquette de la Mer firent opposition aux dernières volontés de leur tante. Par une transaction entre eux

Jean -Charles MAKguETTE de la Viéville,

Chef d' escadron de cavalerie en l’/ÇJ, mort en iSi^ on iSr^.

a ChoMain Adèle Coralie

Ce IpQVûil es! le Fnuil des longues eî palienles recherches de N h BriPoleaux , Secrélaine hc

de Iq Maine de Laon .

CH. II. — FAMILLE MARQUETTE

et la communauté des Soeurs Marquette, celles-ci abandonnèrent leurs droits sur un marché de terres à Barenton-Bugny , mais demeurèrent propriétaires de tous les immeubles situés dans la ville. A l’acte dressé, le 10 janvier 1698, signèrent l’abbe Guyard , chanoine de la cathédrale de Laon , au nom des soeurs Marie-Françoise Jesu, Françoise Guyard, Madeleine Audry, Marie Denui et Marie Lequeux.

Maison moderne

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