‹ Au paya MoíChapitre 45 sur 119 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

merveilleux permit de prendre des notes topographiques. Ce fut pour nous une des impressions qui restent aux débuts d'une exploration. Franchirions-nous les limites de cette prison lointaine? Quelles difficultés nous attendaient là-bas ? Avec le fatalisme nécessaire à de telles expéditions» nous nous disions : qui vivra verra ! Et nous regagnâmes l'intérieur enfumé de notre hôte.

Lundi 27 février, (Tamp. max. 28^ min. 20«.)

Levés au premier chant du coq nous fîmes tout préparer pour partir de bonne heure. Debout sur le balcon, nous contemplions un spectacle féerique : à nos pieds un océan de brouillards couvrant de ses flocons toute la vallée et les sommets rocheux qui nous entouraient, émergeant comme autant de récifs, se teintant de rouge vif et rose aux premières lueurs de l'aurore. Les porteurs avaient pris les charges, chacun tout son armement, procédé nouveau qui nous mit en défiance tout d'abord. Mais bientôt leur attitude nous rassura et leur fière franchise fit oublier nos rapports . avec la race jaune.

Toutefois, par prudence et en voyageurs avisés, l'ordre de marche habituel fut strictement observé.

Nous étions, vers onze heures, à Huong-Hoé oii nous attendaient 15 hommes bien armés, la lance à la main. Nous fîmes halte à une portée de fusil de la petite troupe et dépéchâmes Tinterprëte, accompagné de deux chefs de Tra-Vian, avec mission de demander des porteurs jusqu'à Tâ-Nac. Ce fut accordé ; et bientôt arrivait un nombre suffisant d'hommes pour prendre nos bagages. Une distribution équitable de nos étoffes aux porteurs de Tra-Vian fut d'un bon efi'et sur la population et les chefs nous offrirent d'acheter du riz, des patates, quelques hottes originales que les sauvages transportaient plus facilement que nos caisses à provisions. Nous arrivâmes ainsi au village de Hoé-Houé- Thom (vallée du Song-Tra-Vian), à 2 kilomètres du précédent, sur l'autre versant. Il était défendu de palissades et entouré de piquets pointus. C'est alors que déployant notre drapeau pour continuer la route nous voulûmes que les chefs préparent notre entrée en présence de l'un de nous et de l'interprète. Les parlementaires devaient nous laisser à cent mètres environ des cerses et le reste de la troupe attendrait là. Cet ordre de marche établi, nous commencions à comprendre la conduite à tenir avec les Moïs de ces parages. Nous nous dirigeâmes vers Tû-Nac, à travers des pépinières assez irrégulières de cannelliers, commerce important avec les Annamites, par

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