LA CITE D'ALETH
Aleth, c'est la mère commune aux villes Saint-Malo el Saint-Servan ; cependant, tandis que la vieille Cité se continuait dans la paroisse servannaise, tandis que l'évêchc d' Aleth florissait encore, Saint-Malo n'était que la succursale d'Aleth. La translation du siège épi>- COpal intervertit les rôles et l'on vit même, au XVIIIe siècle, la paroisse de Saint-Servan devenir faubourg de la ville de Saint-Malo.
Disons donc tout d'abord que, si Saint-Malo revendique l'honneur de succéder à Aleth, ce ne peut être qu'au point de vue ecclésiastique, et que la ville saintservannaise, qui possède en ses limites, au milieu même de son quartier Le plus populeux, Les ruines de la I ité aléthienne, peut à hou droit se dire descendante de l'antique ville gallo-romaine.
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vulgaire de Saint-Malo, comme nyct pour la Quici : gênée pour lignée ou engeance ; thalaz pour un lieu qui semble mer, principalement pendant Les grands flots des deux équinoxes; aconi, signifie un homme lâche, fainéant. »
D'autres tirent le nom d'Aleth du mot Dialethensis, provenant lui-même des Diahlintes ou Diaulites ; nous ne citons que pour mémoire cette assertion, la tribu d< 8 Diablintes ayant été depuis longtemps reportée dans le Bas-Maine.
On a quelquefois pensé qu'Alethius, le docte personnage dont parle saint Jérôme, n'était pas étranger au nom d'Aleth.
Si ce jeune prêtre appartenait à l'église d'Aleth, comme le dit saint Jérôme, il faudrait admettre l'exis tence de cet évêché dès le IVe siècle. Nous en parlerons plus loin ; disons toutefois qu'il est plus probable que le religieux dont il est question tirait son nom de sa résidence, que d'admettre que celle-ci en prit le nom.
Un linguiste distingué de notre pays nous dit un jour qu'il considérait Aleth comme un mot arabe. Mais nom ne pouvait provenir de l'occupation sarrasine du VIIIe siècle, puisqu'au IVe siècle cette ville est ainsi déjà dénommée.
Nous croirions assez qu'avant la légion de Mars, les
troupes romaines d'Aleth étaient des cohortes Maures, les mêmes peut-être qui ont laissé trace <ic leur passage chez les Venètes ' : c'était la première troupe romaine
qui ait tenu garnison en Armoriqne.
1. Borne nriUiaira, station romaine <1<* Bntim, prèa Pbntfry, portant une inscription arabe (Voir Biïitoire de Bretagne, pu M. A. de la Borderie, I . p. L61 ),
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Quoi qu'il en soit, cette place-forte gauloise jeta un vif éclat sous les Celtes armoricains et plus tard bous II Romains.
Aleth fut préfecture de légion ; la Notice de l'Empirt dressée sous le règne d'Honorius, y place le préfet de la légion de Mars l. De plus, on a trouvé fréquemment Vailles ruines de cette Cité des monnaies des IVe et Ve siècles à l'effigie de Valentinien, de Gratien, Théodose. Maxim- Arcadius, Honorius.
Ajoutons que parmi ces pièces se trouvaient des plaques rondes en plomb et des monnaies celtes identiques à celles trouvées à Corseul.
Frotet de la Landelle raconte avoir vu démolir ce qui restait des fortifications gallo-romaines d'Aleth et que l'on y trouva beaucoup de monnaies 2.
C'est vers la fin du IVe siècle qu'il est pour la première fois question d'Aleth, forteresse élevée à l'embouchure de la Rance pour en défendre l'accès 3.
A peu près vers cette même époque, Ausone, dans des vers qu'il consacrait à ses anciens maîtres, parlait de deux professeurs de Bordeaux dont il accompagnait les noms de l'épithète Alethius, d'Aleth, ville de L'Armo-
rique. « On est en droit d'eu conclure que le pays qui fournissait des professeurs à une ville Bavante n'était pas tout à fait dans la barbarie *. »
« Grâce à son excellente situation commerciale et maritime, Aleth finit, dans [es dernier- temps de L'Empin
1. Lee troupes romaine! d'Aletli étaient la légion dei \fartt dont un.» partie était au boitb du Bhia.