‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 76 sur 128 · Dans les Natchez · texte numérisé non relu

Dans les Natchez

3. Cf. Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire^ t. I, p. 159, note l : « Quand il est seul, il rêve, c'est^-dire il se livre à tout l'essor d'une imagination sans frein. .»Et s'il lui arrive de causer à l'aise, tout à fait à l'aise dans le tête à tête, en s'abandonnant, il exprimera cette rêverie et ses mille accidents imaginaires avec une verve, une audace, une fantaisie, j'allais dire une licence, qui font de lui, en ces moments, le plus étrange vis-à-vis du Chateaubriand solennel, le seul que le public et les salons aient connu ».

mot, était une nouveauté à peu près inconnue, et enfin... et enfin, que c'était Chateaubriand ! Il ne nous a tracé, dans les Mémoires, qu'un crayon rapide de ces soirées de Bungay^ !Mais il en a, ce me semble, reproduit le détail, en le transposant, dans telles autres de ses œuvres en apparence les plus étrangères à l'Angleterre. Voulons-nous, par exemple, nous représenter quelle était auprès de l'émigré l'attitude de Charlotte et de Mrs. Ives? Ecoutons Ghactas au pays des Sirainoles :

Les femmes qui accompagnoient la troupe lémoignoient pour ma jeunesse une pitié tendre et une curiosité aimable. Elles me questionnoient sur ma mère, sur les premiers jours de ma vie... C'étoit ensuite mille autres questions sur l'état de mon cœur : elles me demandoient si j'avais vu une biche blanche dans mes songes, et si les arbres de la vallée secrète m'avoient conseillé d'aimer ^

A quoi Ghactas-Chateaubriand répondait « avec naïveté », — mais une naïveté semi-normande, habile à taire en phrases enchanteresses les enga-

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