‹ Au pays d'exil de ChateaubriandChapitre 78 sur 128 · Les Natchez, t. I, p · texte numérisé non relu

Les Natchez, t. I, p

lente musicienne et chantait — disent les Méjnoires — comme aujourd'hui madame Pasta ». Le « vieux ministre », lourd de sommeil et peut-être de vin, ne tardait pas à s'endormir; Chateaubriand, « appuyé au bout du piano », écoutait « en silence ». Vous vous rappelez Atala*^ :

Tout à coup la fille de l'exil fit éclater dans les airs une voix pleine d'émotion et de mélancolie...

Et vous vous rappelez aussi la Floridienne triste, dont la « voix de velours^ » faisait dire au voyageur des bords de l'Ohio, de l'Ohio qui coule en Suffolk :

Quiconque n'est pas sûr de sa vie se garde de l'exposer ainsi jamais! On ne peut savoir ce que c'est que la passion infiltrée avec la mélodie dans le sein d'un homme^

Toutes les énergies inemployées de son cœur se réveillaient en René, aux accents de Charlotte. Parmi les airs qu'il se plut à lui faire répéter figurait, soyons-en convaincus, la complainte, alors célèbre en Angleterre sous le nom de « Monodie du Major André », dont il raconta, plus tard, dans une note de VEssai\ qu'elle lui avait été chantée

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