Essai, t. I, p. XLV, note
AU PAYS d'exil de cuateaubriand 185
décembre »* au plus tard. L'émigré avait dès lors une excellente raison à faire valoir auprès de ses hôtes, en arguant de la nécessité d'un retour à Londres pour surveiller la publication de son livre, soit qu'il eût lui-même imaginé le prétexte, soit que Deboffe le rappelât, en effet, — Deboffe, son éditeur, avec qui ses « rapports n'avaient jamais été interrompus complètement »'.
Dans tous les cas, il parlait. Et, comme il avait l'air de vouloir partir sans avoir fait la démarche attendue par Charlotte, probablement aussi par le Révérend et Mrs. Ives, ce fut donc à ceux-ci de s'exécuter. Ils s'y prêtèrent en gens de bonne composition, incapables de rien refuser à leur unique enfant. Le gendre, après tout, était des plus sortables : il était jeune, instruit, séduisant; il portait un beau nom ; il avait d'illustres alliances. C'était largement de quoi racheter son manque de fortune et même sa qualité de Français élevé dans le papisme. Et puis, Charlotte l'aimait...
On sait le reste, et par quel coup de théâtre inévitable fut tranchée, comme en sa fleur, l'idylle du presbytère de Bridge Street :
La veille du jour annoncé comme celui de mon départ, le dîner fut morne. A mon grand étonnement, M. Ives se retira au dessert en emmenant sa fdle, et je restai seul avec madame Ives : elle était dans un embarras extrême. Je crus qu'elle m'allalt faire des reproches d'une inclination qu'elle avait pu décou-