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Mercier depuis qu'il est eu France, ses discours, par exemple, à rAlliance française^ chez les Jésuites de la rue Vaugirard, et au banquet de la Société Le Play. La note patriotique et chrétienne y domine toujours ; cette parole franche et sincère trouve de l'écho dans tous les cœurs vraiment français.
J'ai assisté l'autre jour à la séance de la Société Le Play qu'il présidait, et j'ai été témoin de l'enthousiasme avec lequel ont été accueillies ses déclarations d'attachement à la France et à l'Eglise.
Mgr Labelle a creusé en France un sillon beaucoup plus profond qu'on ne le croit généralement au Canada, Evidemment il n'y a que des hommes de grande valeur qui peuvent réussir à éveiller sur un pays encore aussi jeune que le nôtre l'attention de tant d'esprits éminents. Ce travail a été fait cependant : on ne parle ici que de Mgr Labelle et du Canada ; et l'on n'en parle généralement qu'avec beaucoup d'intérêt et de sympathie ^
M. Mercier creusera encore davantage ce sillon, et il y répandra, par sa parole autorisée,.
I << Le Canada, ce grand pays, d'esprit si français, » écrivait tout récemment M. Méline, un des principaux hommes politiques et un ancien premier ministre de la France. {Revue hebdomadaire du 7 août 1909, p. 22.)
des semences bienfaisantes qui produiront tôt ou tard d'heureux fruits.
A Tourouvre, il ne s'agissait pas de faire un de ces grands discours dont je viens de parler. M. Mercier était là comme un enfant de famille qui revient visiter le pays de ses aïeux après une longue absence, l'humble village où ont vécu ses ancêtres, l'église oii ils ont été baptisés, le sol qu'ils ont remué pour en tirer leur subsistance, le cimetière où reposent leurs ossements bénis.
Il était visiblement ému, et tout le monde partageait son émotion. J'ai vu plus d'une larme couler sur ces bons visages normands, lorsqu'il a raconté les luttes sanglantes et douloureuses à travers lesquelles ont dû passer les enfants de Tourouvre émigrés au Canada, les déchirements de la séparation d'avec la mère patrie, les joies de la liberté qui ont suivi nos luttes patriotiques, notre fidélité au drapeau de la France, que nous arborons, dans nos fêtes, à côté du drapeau anglais, et les manifestations de sympathie qui sont parties du Canada à l'occasion des malheurs de 1870.
Tous les habitants de la commune de Tourouvre, hommes, femmes et enfants, se pressaient autour de M. Mercier. On l'applaudissait à outrance ; on criait souvent : « Vive la
France ! Vive le Canada ! » Je renonce à décrire l'enthousiasme qui régnait dans cette foule.
M. Mercier descend de l'estrade, se rend au presbytère et se voit entouré d'une légion de personnes qui se réclament de ses parents, et apportent des preuves à l'appui de leurs prétentions.
Je remarque surtout dans la foule deux jeunes gens bien mis, à la figure ouverte et intelligente, aux manières engageantes et polies. Ce sont deux jeunes Mercier, qui n'habitent pas Tourouvre, mais sont venus d'une commune voisine, Bubertré \ pour voir leur « parent. » Ils descendent en efïet en droite ligne de Julien Mercier ; et il est facile de trouver dans leur physionomie plus d'un trait de ressemblance avec notre premier ministre. L'un d'eux s'appelle Constant, l'autre, Alfred.
M. Mercier cause quelque temps avec eux, et leur promet d'arrêter les voir le lendemain, en se rendant à Xonant-le-Pin ; puis il les congédie gracieusement.
Nousnous mettons à table pour dîner. ^lais voilà bientôt une fusillade qui commence et nous avertit qu'il se prépare au dehors quelque chose de sérieux. Durant le repas, on organise