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. L était neuf heures du matin.
Je prenais tranquillement mon café, en lisant le livre du moment.
Soudain, un violent coup de sonnette résonne à ma porte.
— Bon! un gêneur, m'écriai-je, fort ennuyé. | Car, ici, dans ma petite ville de province où la paresse et la tranquillité se complaisert dans de longs sommeils, la nuit, et dans de molle: siestes, le jour, rien n’est laissé au hasard, tout aboutit à une monotonie exquise.
Ce carillon à ma porte, à pareille heure, n’était pas dans le train quotidien, détonnait dans mes habitudes.
J’allais défendre de recevoir, mais on me prévint en me présentant une carte
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sur laquelle je lisais le nom d’un de mes plus vieux amis du régiment.
Je me précipite dans ses bras, et, en une longue étreinte, nous oublions les années qui viennent de s’écouler, sépa- ‘ant nos deux amitiés. |
Retour du Tonkin, il était lieutenant, bien campé dans un dolman de turco, les jambes perdues dans l’irrésistible et immense culotte de l'officier d'Afrique. |
Parti légionnaire, il revenait turco, M .
avec la croix et une brochette de décora- M |] | tions exotiques d’un fort bel effet. |
Deux heures durant, nous vécûmes le :
passé, évoquant nos misères communes À ] et nos joies toujours si grandes maïs si | rares, nous communiquant nos projets et À nos espérances, et, apprenant que je fai- Ü : sais parfois des livres, il me passa ses !| notes de campagne, que je soumets ici au lecteur.