LA BELLE JUIVE. 461 CPP ER PAPIERS
que le facteur portait au fond de sa sacoche. |
Perdu dans le fatras des papiers d'affaires, noyé dans l'indifférence des paquets de journaux, il exhalaït comme un parfum d'amour, soupir plein de jarmes d’un pauvre cœur blessé, fleur bien timide, tout émue. de sa mission passionnée.
Et le facteur, impassible, marchait toujours, continuant sa tournée quotidienne avec la conscience tranquille du devoir accompli.
La lettre est remise.
Elle disait l’anxieuse et, vaine attente de Larcher dans l’escahier. Il était là seul avec les battements de son cœur, et sa cruelle amie n’avait pas daigné venir un instant, un seul petit instant le tirer de sa profonde angoisse. Comme il trermblait au
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tre la face sévère de ia maman, une rigide et immense matrone, ou la barbe blanche du papa, long, maigre et offensé.
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Et bien d’autres choses encore.
On ne saura jamais assez quel drame renferme un rendez-vous manqué au haut d’un escalier.
Attablé devant un café, à l’heure du facteur, Larcher guettait son messager.
Un jour, deux jours, dix Jours se passent, et rien. Le facteur protestait de sa fidélité, jurant ses grands dieux qu'il avait remis la lettre à son adresse.
Pour comble de malheur, aucun indice, éclipse totale de la belle juive. Plus d’œillades à la fenêtre, les volets étaient clos.
La désolation régnait dans le clan des sergents-majors. Tous reprochaient à Larcher de les avoir privés de leur bonheur de chaque jour, des minutes délicieuses de l’attente du rapport, où le sourire de la belle juive leur donnait le courage d'affronter la mauvaise humeur du colonel.
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. Notre camarade en séchait sur pieds.
11 était méconnaissable, l’ombre de luimême, promenant partout sa peine, portant au cœur une terrible blessure, que les bocks étaient impuissants à guérir.
Abandonnant le café, il s’en fut au Join chaque jour errer par la ville comme une âme en peine.
Il affectionnait particulièrement un endroit écarté, un coin du Jardin public, où, assis sur un banc rustique, le menton dans la main, l'œil indécis, il prenait racine jusqu’à l'heure de l'appel.
Le parfum des fleurs, le chant des oiseaux, le bruissement léger de la petite fontaine adoucissaient peu à peu ses douleurs, lui faisant comprendre que la belle juive n’était pas seule de son espèce, et qu'il y avait oncore de beaux jours dans la vie.
Puis il finit par l’oublier complètement.
Cette aventure, à peine ébauchée, s'était évanouie dans le néant. C'était de l’histoire ancienne.
164 AU PAYS DES ÉTAPES, à M ci SE Se ANAL EE ca gr cn Ce: ct de Sa RPG TEL né D Ge nv EG à dd So SU CG
Larcher avait repris ses habitudes Fi avec sa timidité, qui avait reconquis tous qu’ ses droits. la À
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. Un incident banal vint réveiller toutes de ses ardeurs. bâte
Un bataillon rentrait de détachement, il tambours et clairons en tête.
Tout le monde était aux fenêtres, la rue était bondée.
Attiré par sympathie, Larcher dirige ses regards vers une croisée. Il fut inondé de joie.
Là, plus belle que jamais, son amie lui souriait. De la main, elle ose, en rougissant, lui adresser un taiser succulent, Et d’un geste de résignation, elle lui fait comprendre qu’elle est captive.
Notre ami jure de suite de la délivrer.
Mais le soir même, accidentellement, tous les secrets lui étaient dévoilés.
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d'une tante mûre, portant le même nom qu’elle. Le facteur avait remis la lettre à la tante. Celle-ci, jalouse, s'était empressée de communiquer le poulet au mari, qui avait déplacé et séquestré sa femme.
De plus, on lui apprenait que le maître de sa belle avait engagé des gens pour le bâtonner s’il s’aventurait à faire de nouvelles avances.
C'était là le dénouement. Lui, sergentmajor de la légion étrangère, se faire bâtonner par un Juif! C'était réellement par trop fin de siècle. :
Il savait que le seigneur de sa dame vendait des draperies sur la place de la République.
Accompagné d’un camarade, 1l saisit l'instant propice, s’élance sur son homme qui cause avec des clients devant sa porte, l'attrape par la peau du ventre, le secoue comme un prunier, et, l’interpellant :
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