REPOS DE 4 HEURES
un chapeau haut de forme d'un modèle antique, raconte des histoires de Londres. Il s'engage dans des discussions sans fin, sur les usages mondains, sur les inconvénients des galoches, etc., et met tant de feu dans ses assertions, qu'il scie pendant dix minutes au lieu de cinq. Amundsen et Cook le laissent aller, entretenant même la discussion... C’est autant de gagné pour eux.
Somers ne cesse pas de parler une minute, Il nous raconte ses aventures de régiment, celles qui sont arrivées à ses compagnons d’armes et beaucoup d’autres qui ne sont arrivées que dans son imagination féconde.
Viennent ensuite ses aventures de marin, la description fantaisiste du service à bord des navires de la warine belge, etc., et tout cela est si drôle, si chargé, sans aucune méchanceté pour personne cependant, que nous faisons semblant de le croire, afin de l’animer encore davantage.
De 11 heures à minuit, notre équipe a repos; nous passons ce temps au laboratoire, afin de ne pas réveiller les autres. Nous y faisons un petit souper, trop petit souvent, hélas! car nos estomacs se creusent plus rapidement que le canal. Puis quelques-uns somnolent pendant dix minutes, tandis que Somers, intarissable, continue ses histoires.
Oui,pendant trente-cinq jours, Somers a parlé chaque jour durant neuf heures consécutives, et cela avec beaucoup d'humour, je dois le déclarer, et pour notre plus grande distraction à tous.
La division de de Gerlache prend, à 4 heures de l'après-midi, un goûter de pain et de café servi sur la banquise. Le tableau en est pittoresque : les hommes s'étendent par groupes sur la neige, mangeant avec avidité leur « pain-plomb » (fig. 78).
Lorsqu'on a scié un certain nombre de blocs de glace, on procède à leur évacuation dans la clairière :
c’est le moment le plus agréable de la journée. À l’aide de charges de tonite, on brise les blocs en leur centre. Puis, muni de longues perches, on pousse les fragments au large (fig. 80). Des qu’un fragment flotte, un homme y saute avec sa perche et navigue comme sur un radeau.
Cook excelle dans ce genre de sport:
il parodie les officiers de quart, se donne les commandements à haute
voix, court d’un bout à l’autre de
son fragile esquif, manque souvent
He NO;
LESNEXPLOSIONS DE TONITES
de tomber à la mer, mais, avec une véritable souplesse de singe — si je puis me servir de cette comparaison! — parvient toujours à se rattraper à temps.
Les petits fragments de glace sont entraînés autant que possible en même temps que les grands, tandis que la bouillie de neige restante
est poussée vers la clairière à l’aide d’un petit canot.
Photographie du Dr Cook.