NAVIGATION SUR UN BLOC DE GLACE
et qu’on n’est pas de corvée, on plonge dans sa couchette... à moins qu'on ne doive s'occuper de la tonite !
Le 3o janvier. — Quelle catastrophe! L’embouchure du canal vient d’être obstruée par des glaces flottantes qui se trouvaient dans la dlaione:
Une crevasse s’est formée suivant la ligne e f (voir fig. 70). Le canal était à peu près terminé; dans deux jours, nous aurions été délivrés.
La nuit du 30 au 31, nous travaillons avec acharnement; mais, comme nous sommes à quelques mètres du navire et qu’en cet endroit l'épaisseur de la glace est augmentée d'une couche de détritus de
toute espèce, la grande scie n'avance qu'avec peine, arrêtée à chaque
instant par des boîtes de fer-blanc, des os, des cadavres de phoques ou de manchots.
Le 3x janvier. — Catastrophe plus grande encore que celle de la veille : la nappe de glace e f g k i s’est dépla-
cée (voir fig. 70), la crevasse ef s’est élargie, 4
mais en resserrant le canal, qui devient
ce canal présente un danger terrible : la
infranchissable pour la Belgica. Bien plus, nappe efg hi, étant libre, peut tourner | autour de la partie f g du navire, qui constitue une véritable charnière, La nappe, par moment, tressaille et elle est de si grandes dimensions, qu’elle menace de nous écraser. HAS Le 3 février.
rude labeur a produit un choc moral très
L’anéantissement de notre