QUELQUES OPINIONS
M. le Docteur Dicquemare, ancien médecin communal, actuellement maire de Biskra, donna à la Revue d'hygiène thérapeutique différentes études sur Biskra; il écrivait en i 894:
u Elles sont toniques, excitantes, diaphorétiques, « diurétiques et résolutives. Elles produisent la poussée (i thermale quand elles sont employées avec une grande (( énergie. Elles agissent sur la sécrétion biliaire. — « Administrées à faibles doses, elles constipent; à fortes « doses, elles sont laxatives et même purgatives ; elles M augmentent la sécrétion de la peau, des muqueuses et >i des bronches. — Elles rendent l'expectoration plus « facile et plus abondante sans disposer à la congestion M pulmonaire et à Thémoptysie. »
M. le Docteur Weisgerber, qui fut médecin de la mission centrale du chemin de fer transsaharien (mission Choizy), dans son étude sur les deux stations thermales de l'Afrique du Nord : Biskra et Hélouan, dit :
« Les eaux d'Hammam-Salahin, utilisées sous forme « de douches, de frictions, de fomentations d'inhala- « tions, agissent très heureusement sur un certain (( nombre de maladies parmi lesquelles nous citerons :
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« le catarrhe de l'appareil respiratoire, le lymphatisme, « la scrofule, la syphilis, le rhumatisme chronique, les « affections catarrhales des bronches et du larynx, les « maladies de Tutérus sauf en cas de congestion.
« Longtemps il n'y eut à la Fontaine chaude qu'une i( sorte de caravansérail, où les indigènes s'abritaient (I ainsi que leurs montures; les premiers travaux furent « faits quelque temps après l'occupation française, « en 1857. »
Le Docteur Weisgerber décrit ainsi l'établissement thermal dont la Compagnie de Biskra et de l'Oued- Rirh termine à l'heure actuelle la construction :
« Depuis un an environ, la même Compagnie qui a <i construit le Casino a amélioré, ou mieux créé, l'éta- « blissement de bains. On a établi les plans d'un nouvel (( établissement qui s'exécute progressivement, et dont (( les parties les plus importantes sont complètement « achevées.
« L'ancienne piscine a été conservée, mais réservée « aux baigneurs indigènes qui trouvent, à côté des « bâtiments d'exploitation, salles de repos, café, etc.
<( Le côté opposé aux bains indigènes est occupé par « les nouvelles piscines et la salle d'hydrothérapie; la a façade est occupée par les bureaux, les bâtiments « d'exploitation et les salons. Tout à côté se trouve le « restaurant.
« Le plan en exécution prévoit la construction d'un « hôtel annexé au restaurant, où les baigneurs pourront « séjourner, s'ils ne veulent ou ne peuvent rester à
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« Biskra. Un tramway Decauville, confortablement « installé, avec voitures découvertes et voitures fermées « au gré du baigneur, relie directement l'établissement « des bains au casino de Biskra. Le tramway circule « plusieurs fois par jour et facilite le transport des « baigneurs ou touristes.
« L'aménagement actuel des bains est très complet et « permet au malade de trouver tout ce dont il a besoin, u Depuis un an, le fonctionnement ne laisse rien à « désirer et les résultats de la cure sont excellents. »
M. le Docteur Treille, sénateur, professeur à la Faculté de médecine d'Alger. — Dans une note publiée il y a quelques années par VÉcho du Sahara^ journal de Batna, l'éminent professeur a retracé rapidement tous les bénéfices retirés des eaux de la Fontaine chaude, principalement au point de vue de la tuberculose.
M. Treille a recherché les propriétés internes de cette eau. Il dit : (( Je me fis envoyer à Alger deux « cents bouteilles. L'eau semble avoir perdu de son « odeur sulfureuse par le transport, mais elle se conte serve depuis trois mois on ne peut mieux. J'en ai « usé dans mon service des prisons. On la donne le u matin à des malades que je désigne, mélangée à du « lait bien chaud et à la dose d'un ou deux verres.
« Un phtisique à la troisième période a \u ses sueurs « profuses s'arrêter, sa fièvre tomber de deux degrés. « Je ne puis sans doute conserver aucun espoir de le « guérir, mais j'ai certainement prolongé ses jours.
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« Une femme atteinte de bronchite chronique a (( guéri.
(1 Un autre malade souffrant de complications pul- « monaires consécutives à l'ouverture naturelle par « les bronches d'un kyste hydatique du poumon, est « aujourd'hui en pleine voie de gucrison
(i Les eaux d'Hammam-Salahin peuvent être, d'ores « et déjà, en raison de mes recherches, considérées « comme supérieures pour la phtisie à celles d'Uriage « et d'Aix-la-Chapelle. »
M. le Docteur Treille s'extasie ensuite sur l'admirable climat de Biskra qu'il connaît mieux qu'aucun, et lui attribue une part considérable dans les bénéfices retirés par les tuberculeux.
rOUED-RIRH
Le voyageur qui, s'éloignant de Biskra, se dirige vers Touggourt traverse l'Oued Djedi à Saada ci pénètre sur le plateau aride de Chegga, qu'il ne quitte plus qu'en arrivant sur le bord du Chott Meirirh à Kef en Dôr. De ce point, son œil découvre par delà le Chott la vallée de l'Oued-Rirli, qui s'étend jusqu'à Temacine, sur un parcours de i5o kilomètres.
Cette vallée est une suite ininterrompue d'oasis dont l'aspect verdoyant forme un contraste saisissant avec la surface blanche du Chott, qu'on laisse sur la gauche et dont on suit le rivage pendant plusieurs kilomètres.
Avant l'occupation française, la vallée de l'Oued- Rirh formait un petit royaume dont la vie et le commerce reposaient uniquement sur la culture du palmier-dattier. La prise de Biskra, en 1844, amena la soumission de tout le pays. Néanmoins, cène fut qu'en 1854 que le commandant Marmier, intervenant après quelques troubles, occupa définitivement Touggourt. 11 existe sous cette vallée une nappe souterraine connue de tout temps et dont les habitants réussissaient à faire jaillir l'eau du sol en creusant à des profondeurs variant de 5o à 80 mètres.
Biskra
Le colonel Desvaux, depuis général, frappé des travaux de forage exécutés par les indigènes, obtint l'ouverture de crédits destinés à entretenir un atelier de
AIN TALOR-MDUIDI
donnant le plus grand débit de la région, appartenant à la
Compagnie de Biskra et de l'Oued-Rirh.
forage militaire qui donna bientôt de magnifiques résultats ; on n'eut d'ailleurs qu'à se baser sur la connaissance que les indigènes avaient de ce fleuve souterrain ; c'est donc au général Desvaux que revient l'honneur des sondages qui devaient bientôt décupler
Biskra i ^y
la valeur de cette région; nous n'entreprendrons pas de nommer tous les sondeurs que ces crc-dits renouvelés permirent d'envoyer par la suite, dans la crainte d'oublier les plus modestes, souvent les plus méritants.
La Compagnie de TOued-Rirh ne voulant pas accaparer le matériel de sondage appartenant à la commune indigène et destiné exclusivement aux sondages d'intérêt général, se mit immédiatement en mesure de forer ses puits elle-même ; elle a exécuté depuis cette époque i() forages avec son propre outillage.
Elle dispose aujourd'hui de \^\\.\%(Ac -jS'^ooo litres d' eau artésienne à la minute.
L'Oued-Rirh renferme actuellement 40 oasis habitées par une population de i5,ooo âmes, presque uniquement composée de « Rouara » qu'il ne faut confondre avec aucune des autres races qui peuplent l'Algérie; les Rouara sont des mulâtres à peau très foncée, se rapprochant visiblement du type nègre par la couleur, les traits, la chevelure. Très attachés au sol qu'ils cultivent, ils ont su profiter des sacrifices que la France a faits pour eux.
Toiiggourt est la capitale de TOued-Rirh ; sa position sur les routes de Wargla, du Souf et du Mzab lui donne une grande importance commerciale; il s'y tient un marché hebomadaire dont l'activité se développe de jour en jour. Le commandant Pujat, le sympathique Commandant supérieur du Cercle de Touggourt, a fort embelli et assaini la ville dans ces dernières années.
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SEGUIA DE PUITS ARTÉSIEN DANS l'oUED-RIRH