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CONVENTIONS DE COMMISSAIRES D'ÉCOLES

À Québec

Le 23 octobre 1913, une convention de commissaires d'écoles, organisée par M. l'inspecteur Vien, avait lieu à Québec, dans Tune des salles de l'École normale Laval.

Nous reproduisons de V Action Sociale la partie du compte-rendu qui résume notre discours:

*^M. C.-J. Magnan, inspecteur général, prend ensuite la parole. Afin de mettre ses explications et commentaires à la portée de tous, M. Magnan peint avec fidélité le tableau consolant de la municipalité scolaire progressive, d'une part, et décrit avec non moins de fidélité le rôle antipatriotique de la commission scolaire apathique ou rétrograde, de l'autre. Il parle aussi de la collaboration du Prêtre et de la Famille à l'œuvre de l'École.

"L'inspecteur général insiste particulièrement sur le recrutement des institutrices et des instituteurs compétents; sur les graves inconvénients de changer trop souvent de maîtres ou de maîtresses; sur le devoir de\ payer convenablement ceux ou celles qui se dévouent à l'œuvre si importante de l'éducation de l'enfance et de la jeunesse. Il signale ensuite les principales causes de l'inefficacité des écoles primaires, parfois. C'est d'abord, il le rappelle de nouveau, le changement trop fréquent des titulaires, l'incompétence d'un certain nombre et particulièrement l'encombrement des classes. Il conseille aux commissaires, lorsque le nombre des élèves d'une classe dépasse quarante, de ne pas hésiter à accorder une assistante à l'institutrice titulaire: ce sera de l'argent placé à un gros intérêt. Mieux classés suivant leur âge et leur capacité, les élèves feront plus de progrès en un an, qu'ils n'en réafiseraient en trois ans dans une classe encombrée.

''L'inspecteur général parle longuement de la ^'mise en opération du programme d'études'' dont les commissaires d'écoles ont charge, et dit l'importance de la promotion méthodique et annuelle des élèves. Il rappelle aux commissaires leurs devoirs sur ce point important et leur donne des conseils simples, clairs et pratiques, et fournit des statistiques démontrant que trop peu d'élèves arrivent à la 4e année, la dernière du cours élémentaire.

''Parlant des institutrices, M. Magnan recommande aux commissaires de les traiter avec égard, de les aider dans l'accomplissement de leur tâche difficile; de les protéger contre les caprices et les exigences de certains parents, de leur accorder toute la protection dont elles ont besoin. Il serait honteux de mesquiner quand il s'agit de loger l'institutrice, de la conduire à sa pension ou à l'église, si elle en est éloignée.

"A propos du traitement des institutrices, l'inspecteur général parle des primes accordées par le gouvernement aux municipalités scolaires qui paient un minimum de $100, $125 et $150. Chiffres en mains, M. Magnan, démontre que dans bien des cas des commissions scolaires ont reçu plus du gouvernement que ce qu'elles avaient déboursé pour l'augmentation des salaires. Il attire l'attention des conmiissaires sur ce point important: en refusant de porter le minimum des salaires à $150, certaines municipalités ^ ^perdent de l'argent". Il cite des cas typiques: une municipalité qui avait augmenté le traitement d'une institutrice de dix piastres pour atteindre le modeste minimum de cent piastres, a reçu $129; une autre a reçu $258.37 après avoir déboursé $115 pour augmentation de salaires. M. Magnan fournit les noms de plusieurs de ces municipalités.

"M. Magnan, en terminant, fait un chaleureux appel au patriotisme et à l'esprit public des commissaires d'écoles, ^^les

véritables ministres de l'instruction publique". Il leur répète les excellents conseils de l'honorable M. de LaBruère, qui donne à tous l'exemple par son dévouement actif à la cause de l'Éducation. Et il termine en développant une idée émise par le surintendant au sujet de l'école rurale, dont il indique le rôle vraiment national."

A LONGUEUiL

Plus de 150 commissaires d'écoles et une trentaine de membres du clergé assistaient à la convention de Longueuil qui fut très enthousiaste. Le Devoir du 27 octobre a publié un compte-rendu assez complet de la convention; nous reproduisons le passage résumant notre discours :

'^M. C.-J. Magnan se dit d'abord heureux de se trouver de nouveau en présence d'un groupe d'hommes sérieux, de véritables patriotes réunis dans une pensée commune, celle de promouvoir de plus en plus et de mieux en mieux la grande cause de l'éducation de la jeunesse, cause éminemment nationale. '^De quel spectacle réconfortant ne sommes-nous pas témoins depuis treize mois, M. le surintendant et moi, s'écrie l'orateur. Onze fois, depuis le 2 septembre 1912, le cri: ^Tour l'École primaire" a été jeté aux échos de vingt-cinq I comtés de cette province et chaque fois un grand nombre, parfois des centaines de commissaires d'écoles, et plusieurs membres du clergé ont répondu présents! à l'appel qui leur avait été fait. Des évêques, des ministres et d'autres personnages considérables ont honoré les réunions du genre de celle-ci de leur présence. Voilà une fière et éloquente réponse aux ennemis du Canada français et cathohque qui cherchent à créer la malhonnête légende que la province de Québec est hostile au progrès scolaire."

Souvenirs historiques

M. Magnan rappelle avec à propos que, dès les premiers temps du pays, Tinstruction fut en honneur dans toutes les campagnes dont Montréal est le centre. ''Non loin d'ici, à Boucherville, l'illustre et vénérable Sœur Marguerite Bourgeois donna les premières leçons de l'instruction primaire dès 1668. Sous M. de Vaudreuil, des maîtres d'écoles enseignaient dans plusieurs paroisses. C'est encore ici que furent établies le plus grand nombre d'écoles dites de Fabriques, de 1824 à 1846; Saint- Antoine, Verchères, Varennes, Boucherville, Chambly, Longueuil, St-Eustache et plusieurs autres paroisses du district de Montréal possédaient de ces écoles avant l'établissement du système actuel, qui remonte à 1846. N'est-ce pas encore ici, à Longueuil, qu'en 1843 fut fondée par le grand évoque Bourget cette communauté si prospère des Sœurs des SS. Noms de Jésus et de Marie? N'est-ce pas encore ici, dans cette fertile région de Montréal, que deux laïques distingués, deux hommes de bien, deux vrais patriotes, se dévouèrent jusqu'au sacrifice à la cause sacrée de l'éducation populaire: j'ai nommé le docteur Labrie, de St-Eustache, et le Dr Meilleur, de l'Assomption.

Ah! il fait bon en un pareil milieu, rappeler de pareils souvenirs. Messieurs, nous qui devons livrer les mêmes batailles que nos devanciers ont livrées jadis; nous qui voulons maintenir l'honneur du nom français et catholique au Canada, souvenons-nous de ces grands amis et protecteurs de l'éducation et suivons l'exemple qu'il nous ont laissé."

'Ici l'inspecteur général souligne en termes délicats le bel exemple de dévouement actif donné par l'honorable M. de LaBruère depuis l'inauguration des congrès des commissaires d'écoles. ''Non loin d'ici, Pierre Boucher, votre très illustre

ancêtre, M. le surintendant, traça de sa main vigoureuse les limites de la belle et historique paroisse de Boucherville, qu'il fonda dans un but éminenoment chrétien et dont il défricha le sol de ses propres mains.

'^En collaborant à l'œuvre paroissiale, le vaillant guerrier, l'illustre gouverneur que fut Pierre Boucher, ne crut pas déroger à sa dignité. Loin de là, ce grand Canadien ajouta un titre de noblesse à tous ceux qu'il avait si vaillamment mérités au cours de sa longue et laborieuse carrière. En collaborant personnellement à l'œuvre scolaire des municipalités, vous imitez généreusement votre aïeul, M. le surintendant, et donnez à vos concitoyens un exemple salutaire.''

Le but des congrès de commissaires d'écoles

M. Magnan dit que, fort de tous ces exemples, la tâche lui paraîtra moins lourde et il entre dans le vif de son sujet:

'^Nous sommes réunis, messieurs, pour étudier non seulement l'étendue de nos devoirs comme officiers de l'Instruction publique, devoirs que M. le surintendant vous a exposés d'une façon claire et complète, mais aussi pour aviser aux moyens à prendre afin de mieux remplir ces devoirs. Pour cela il importe de s'enquérir sérieusement de l'état actuel de nos écoles primaires, et des résultats que l'on en obtient."

M. Magnan pose tout d'abord cette question à l'auditoire:''Nous, commissaires d'écoles, nous intéressons-nous aux écoles placées sous notre contrôle comme nous devrions le faire ? Aux réunions de la commission, ne sommes-nous pas absents plus qu'à notre tour? Et quand nous y assistons, n'est-ce pas parfois pour faire de l'embarras et nous opposer aux mesures progressives ?"

Défauts et lacunes

* ^L'inspecteur général énumère les défauts et les lacunes qui paralysent l'effort de la petite école, défauts et lacunes qui ont souvent pour cause l'apathie ou un faux esprit d'économie. Parmi les défauts, notons le changement trop fréquent des institutrices, l'encombrement des classes et l'absence de promotion annuelle régulière des élèves, dans bien des cas.

*'M. Magnan donne des statistiques à l'appui: le district de M. l'inspecteur Hébert compte 52 municipalités scolaires renfermant 161 écoles sous contrôle et 20 indépendantes. Les écoles sous contrôle sont fréquentées par 8,215 élèves et les écoles indépendantes par 2,835. La présence moyenne en classe est de 80 p. c. dans les écoles sous contrôle et 89 p. c. dans les écoles indépendantes, pourcentage satisfaisant si l'on considère que 1,392 enfants de 5 à 7 ans fréquentent les écoles sous contrôle.

''Mais ce qui est moins satisfaisant, c'est le petit nombre d'élèves qui atteignent la ^ ^quatrième année", la dernière du cours élémentaire et le nombre infime de ceux qui parviennent au cours intermédiaire (5e et 6e années) et au cours supérieur (7e et 8e années) .

''Voici comment sont classés, pour 1912-13, les 8,215 élèves du district de M. l'inspecteur Hébert, renfermant les comtés de Chambly, Richelieu, Verchères et trois paroisses du comté d'Yamaska (élèves des écoles sous contrôle): 1ère année, 3,840; 2e année, 2,005; 3e année, 1,350; 4e année, 623; 5e année, 282; 6e année, 82; 7e année, 33; 8e année, aucun. Ainsi, sur un total de 8,215 élèves, 1,020 seulement ont atteint ou dépassé la 4e année; normalement, ce chiffre devrait être dou-

blé. Quand on considère que sur 8,215 élèves fréquentant les écoles sous contrôle du district de M. Hébert, 6,303 ont de 7 à 14 ans, Ton est surpris qu^un millier seulement ait atteint ou dépassé (en très petit nombre) la 4e année.

^'Les écoles indépendantes du même district donnent des résultats supérieurs. Les 2,529 élèves qui les fréquentaient en 1912-13 étaient classés comme suit, d'après M. l'inspecteur Hébert: 1ère année, 1,053; 2e année, 572; 3e année, 418; 4e année, 336; 5e année, 218; 6e année, 148; 7e année, 66; 8e année, 24. Ainsi, plus du quart des élèves des écoles indépendantes atteignent et dépassent parfois la 4e année; tandis que dans les écoles sous contrôle, cette catégorie d'élèves ne forme que le huitième, (l)

Le 'point capital

'^ Rendre plus efficaces nos écoles publiques, voilà ce qui doit nous préoccuper messieurs,^' s'écrie l'inspecteur général: ^'11 faut agir sans retard afin que la masse des élèves parcoure en entier le premier cycle primaire, et qu'une proportion sérieuse de ces élèves se rende au cours moyen et au cours supérieur. Dans ce vaste district, messieurs les commissaires, il n'y a que 459 élèves de 14 à 16 ans et plus qui fréquentent les écoles sous votre contrôle. Les autres élèves se répartissent comme suit : 1,392 de 5 à 7 ans et 6,303 de 7 à 14 ans. Plus des neuf-dixièmes de vos élèves, messieurs, quittent donc l'école avant l'âge de 14 ans, c'est-à-dire à l'époque où ils sont le plus en mesure de profiter de l'enseignement. Sauf ceux qui pren-

(1) Voir à V Appendice: "Fréquentation scolaire", et "Rapport de l'Inspecteur général au Comité catholique" sur la mise en opération du programme d'études.

nent la route de Técole spéciale ou du collège, — en bien petit nombre — les autres, la presque totalité, abandonnent la classe insuffisamment préparés/'

'^Une scolarité écourtée, voilà le grand mal dont souffrent nos écoles primaires sous contrôle.

*'Mais le remède ?

Le remède

Le remède, suivant Finspecteur général, est d'application facile avec de la bonne volonté.

1° Le choix plus judicieux du personnel enseignant et conmie corollaire, traitement plus élevé payé aux instituteurs et aux institutrices;

2° Changement moins fréquent des institutrices;

3° Surveillance plus suivie de Técole par les commissaires, et encouragements ad hoc aux maîtres et aux élèves, afin d'assurer une meilleure mise en opération du programme d'études;

4° Désenoomb^rement des classes.

6^ Fréquentation scolaire prolongée.

"M. Magnan développe ces cinq points et donne des statistiques à l'appui de sa démonstration. C'est le comté de Verchères qui possède le plus grand nombre de titulaires porteurs d'un brevet modèle ou académique: 5 élémentaires, 32 intermédiaires (modèles) et 2 supérieurs (académiques). Dans les comtés de Chambly, Richelieu et Yamaska, les diplômes élémentaires sont en majorité. Les commissaires doivent rechercher les diplômes supérieurs, même lorsqu'il s'agit des écoles élémentaires. Le diplôme élémentaire, au point de vue professionnel, a peu de valeur.

Changement trop fréquents des titulaires

A propos du changement fréquent des institutrices, l'inspecteur général donne des chiffres écoutés avec intérêt. Sur un total de 164 institutrices laïques enseignant dans les écoles sous contrôle du district de M. l'inspecteur Hébert, 77 enseignaient pour la première année dans leur école respective en 1912-13. C'est donc près de la moitié du personnel enseignant qui se renouvelle chaque année. De là, dans une large mesure, l'inefficacité de l'école.

Classes trop nombreuses

M. Magnan insiste aussi sur le désavantage des classes trop nombreuses. Chaque fois que le nombre des élèves dépasse 40, les commissaires devraient se faire un devoir, dans l'intérêt des élèves, de donner un assistant ou une assistante au titulaire. Grâce à cet adjoint, les élèves, mieux classés, feront trois fois plus de progrès.

Les traitements

Abordant la question des salaires, l'inspecteur général dit qu'il n'y a plus à marchander. Il faut offrir aux instituteurs et aux institutrices un traitement qui leur permette de 'Vivre", ce qui est légitime, sinon la carrière de l'enseignement sera désertée en notre province. Heureusement que l'élément cbngréganiste nous fournit toute une armée de vrais éducateurs. Néanmoins, le nombre de ces instituteurs et de ces institutrices est insuflâsant, et il nous faut absolument attirer dans l'enseignement tous les laïques sérieusement préparés et possédant les qualités morales requises. Ici, M. Magnan

rappelle aux commissaires les primes spéciales accordées par le gouvernement aux municipalités qui paient un minimum de $100., $125., ou $150. (l) Diaprés les chiffres ofi&ciels fournis par rinspecteur général, il appert que la plupart des municipalités ont reçu plus qu'elles n'avaient déboursé pour augmentation de salaire. D'autres, pour avoir voulu mesquiner dix ou quinze piastres, ont perdu de cent à cent cinquante piastres. Certaines municipalités ont reçu en avril 1913 des montants assez considérables: Saint-Robert, par exemple, qui avait déboursé $75 pour augmentation de salaires, a reçu $194; Sainte- Victoire, $5 déboursées, $182 reçues; Sainte-Julie, $75 déboursées, $541.04 reçues pour trois primes; Boucherville, paroisse, $20 déboursées, $272.12 reçues; Longueuil paroisse, $90 déboursées, $320.07 reçues. Ainsi donc, les municipalités qui n'ont pas le bon esprit d'élever les traitements perdent de l'argent.

Fréquentation scolaire

L'inspecteur général dit aux commissaires combien il importe de favoriser une meilleure fréquentation scolaire. A ce sujet, il rappelle ce que leur disait le surintendant dans une circulaire en date du 28 mars dernier. A l'avenir, en vertu d'un amendement fait à la loi de l'instruction publique, à la dernière session de la législature, le fonds des écoles publiques ne sera plus distribué proportionnellement au chiffre de la population constaté par le dernier recensement fédéral, mais '^proportionnellement au nombre des enfants inscrits aux écoles, tel que constaté par les rapports annuels des commissaires et des syndics d'écoles pour l'année antérieure."

(1) Ces minima sont maintenant de $125, $150, $175 et $200.

Cette nouvelle loi exige que le rapport de chaque secrétaire-trésorier soit assermenté avant d'être envoyé au surintendant.

Ainsi, plus le nombre des élèves fréquentant les écoles d'une municipalité sera élevé, plus considérable sera Toctroi du gouvernement. *^C'est là, dit M. Magnan, de l'instruction obligatoire de bon aloi".

La tâche des commissaires

L'inspecteur général attire ensuite spécialement l'attention des commissaires sur les conseils de M. le surintendant relativement à la visite des classes, visite qui a pour but de contrôler la mise en opération du programme d'études, d'encourager maîtres et élèves, en un mot, visite dont dépend le succès des écoles.

Après avoir signalé la désertiofi des campagnes et le flot envahisseur des émigrants étrangers, M. Magnan termine son discours en montrant le rôle vraiment patriotique que peut jouer l'école rurale si elle est mise sur bon pied d'efficacité. ^^Si nous ne voulons pas, dit-il, que les étrangers qui nous arrivent d'Europe chaque année par centaines de mille, viennent rallumer les foyers éteints de nos '^maisons abandonnées", faisons en sorte que nos enfants séjournent assez longtemps à une bonne école primaire pour y puiser en même temps qu'une instruction suffisante, l'amour du sol natal, le goût de l'agriculture et la fierté nationale."

A Fraseeville

Le jeudi, 7 septembre 1916, la jolie et coquette cité de Fraserville voyait se réunir en grand nombre dans son enceinte MM. les commissaires d^écoles et secrétaires-trésoriers des districts d^inspection de MM. Z. Dubeau, J.-A. Chabot et H. Nansot. Un grand nombre de MM. les curés des paroisses de ces districts avaient bien voulu se joindre à MM. les commissaires de leurs paroisses. Nous nous rappelons avoir vu, entr'autres, MM. les curés des trois paroisses de Fraserville, MM. les curés de Cacouna, St-Arsène, St-Hubert, St-Modeste, St- Honoré, N.-D. du Lac, St-Louis du Ha! Ha!, St- Alexandre, St- Fabien, Ste-Anne-de-la-Pocatière et d^autres dont nous ne nous rappelions pas.

MM. les commissaires de Fraserville donnaient gracieusement l'hospitalité au congrès dans la salle Dubé qu'ils avaient fait orner avec goût et dans laquelle tous les invités ont trouvé avec plaisir tout le confort désirable. MM. les commissaires et leur dévoué secrétaire-trésorier méritent certainement des félicitations pour leur zèle et des remerciements pour le soin qu'ils ont pris de bien recevoir leurs hôtes.

A 1}^ hre prenaient place, sur l'estrade. Sa Grandeur Monseigneur Roy, archevêque de Séleucie; l'honorable surintendant de l'Instruction publique, monsieur Cyrille-F. Delâge; Monsieur C.-J. Magnan, inspecteur général; MM. les députés L.-E. Parrot, A. Stein et Chs Gauvreau; MM. les curés Roy de St-Patrice, Thibaudeau, de St-François-Xavier, Vézina, de St-Ludger; M. le maire Fortin, et les trois inspecteurs des districts prenant part au congrès. M. l'inspecteur H. Nansot, qui préside, ouvre la séance en demandant à Sa Grandeur Monseigneur Roy de faire la prière, et, immédiatement après, la parole est donnée à monsieur le curé de St-Patrice qui, en son

propre nom et au nom de M. le maire Fortin, souhaite en termes délicats et heureusement choisis la plus cordiale bienvenue aux personnages distingués qui l'entourent sur l'estrade et à tous les membres du Congrès, et il fait des vœux pour que ce congrès porte les meilleurs fruits.

Après les remarques de M. l'inspecteur Nansot et le discours du surintendant de l'Instruction publique, l'inspecteur général fut invité à parler. Voici un résumé du discours de ce dernier, tel que communiqué aux journaux, par M. l'inspecteur Nansot:

^'Monsieur l'inspecteur général s'est levé à son tour pour accomplir la tâche qui lui incombait, celle de préciser le rôle des commissaires d'écoles, de leur démontrer la place qu'ils occupent dans la hiérarchie scolaire.

^'Vous êtes, dit monsieur Magnan, les représentants des pères de familles, les mandataires des contribuables, des commissaires d'écoles catholiques, les auxiliaires de l'autorité paroissiale dans l'œuvre de l'éducation. C'est à vous qu'incombe aussi, de par la loi, la tâche de l'administration des écoles, et cette administration s'étend non seulement aux constructions scolaires, mais aussi, et surtout, au choix des instituteurs et institutrices; vous avez le contrôle de la mise en opération du programme d'études."

^^Après avoir rappelé l'importance de l'école primaire, ^'l'école de tous", au point de vue national, religieux et économique, monsieur Magnan rappelle les devoirs des commissaires qui ont pour mission d'assurer l'efficacité des écoles placées sous leur contrôle, et précise avec autant de tact que de vigueur les points faibles et les lacunes que son expérience d'éducateur lui permet de souligner d'une façon tout à fait captivante.

'Le tableau que rinspecteur-général trace de la ''Commis^ sion scolaire modèle" impressionne vivement l'auditoire qui écoute avec non moins d'attention et d'intérêt le procès pittoresque du ^ ^mauvais commissaire".

''La commission scolaire modèle se réunit assez fréquemment délibère sur des sujets indiqués sur un ^^ordre du jour" préparé à l'avance par le secrétaire qui s'est concerté avec le président. Au cours de la séance, on ne s'occupe que de questions scolaires, on discute peu mais bien, et l'on décide en temps opportun de procéder sans retard aux améliorations urgentes. Les Commissaires soucieux de leurs devoirs ont un ''bon esprit", ils favorisent le vrai progrès. Ils se font un devoir de bâtir, sans luxe mais sans mesquinerie, des écoles spacieuses et pourvues de tous les accessoires utiles au succès des élèves. Ils s'appliquent particulièrement à chercher des institutrices compétentes et à les garder en place, une fois trouvées. Pour cela ils ne reculent pas devant l'augmentation raisonnable des traitements.

"Ici, M. Magnan, après avoir fait le portrait de la ''bonne institutrice", réclame pour elle,- en termes émus, de la générosité, de la bonté, de la sympathie ; il fait une analyse vivante du salaire de S125.00, de $150.00, de $175.00, que reçoivent encore un grand nombre d'institutrices des comtés de Témiscouata, Kamouraska et L'Islet. Le coût de la vie est te^ aujourd'hui qu'avec un salaire de $125.00 ou de $150.00, une institutrice est dans un état voisin de la gêne.

"L'inspecteur général, documents en mains, établit que dans les trois districts d'inspection que renferment les comtés de Témiscouata, Kamouraska et L'Islet, une municipalité paya un salaire de $100.00 à $125.00 en 1915-16; douze, un salaire de $175.00 à $200.00 ; une, un salaire de $200.00, et trente-quatre un salaire de $150.00 à $175.00. M. Magnan a engagé fortement les commissaires à porter les traitements à $200.00,

afin de mériter les quatre primes spéciales accordées aux municipalités qui paient ce minimum. Ces primes, dans quelques cas, sont supérieures au montant déboursé par la commission scolaire pour augmenter les traitements.

''Voici les montants payés aux trois comtés par le département de l'Instruction publique, sous forme de primes pour augmenter des salaires:

En 1915— Témiscouata $3,210.80;

Kamouraska 2, 125. 06;

L'Islet 2,584.03.

Total de 1915 pour les trois comtés $7,919. 89. Total de 1916 pour les trois comtés 9,061.04.

Total pour les 2 dernières années . .$16,980.93.

''On voit que si les municipalités ont augmenté leurs contributions en faveur des écoles, le Gouvernement s'est pas laissé vaincre en générosité, le tableau suivant fourni par l'inspecteur général, M. Magnan, en fait foi:

"En 1913-14, l'augmentation des contributions scolaires des municipalités de Témiscouata, Kamouraska et L'Islet, a été de $12,922.00

Les primes du gouvernement pour augmentation des salaires ont été au montant de 7 , 919 . 00

Les allocations de tout genre du gouvernement se sont élevées, en 1915,

à $12,936 pour Témiscouata; à 11,796 " Kamouraska; à 5,010 " L'Islet.

Soit un total de $29 , 742 pour les trois comtés. Le gouvernement a aussi accordé les montants suivants pour constructions scolaires:

Témiscouata $20,683

Kamouraska 16,970

Llslet 5,810

Total $43,463

^^Les municipalités ont donc reçu une aide généreuse du gouvernement; à elles de faire encore de nouveaux sacrifices pour mettre nos écoles primaires sur un pied de réelle efficacité.

^'M. C.-J. Magnan rappelle aussi aux commissaires que ce n^est que dans des cas spéciaux qu'il convient d'avoir recours au gouvernement; les municipalités doivent administrer leurs écoles à même leurs propres revenus, et non toujours avoir recours à l'État pour des dépenses qui rélèvent d'ellesmêmes.

^^L'inspecteur général a aussi touché un point important concernant l'administration des écoles: l'habitude de laisser chaque arrondissement à ses propres ressources pour la construction des écoles est contraire à l'esprit de notre loi qui veut que toute la communauté supporte le fardeau des dépenses, venant ainsi en aide aux arrondissements moins favorisés.

*^En signalant aux commissaires les graves inconvénients du changement fréquent des institutrices, M. Magnan a démontré, à l'aide des statistiques scolaires de la région que, si un trop petit nombre d'élèves atteignent la 4e année du cours élémentaire, c'est que dans bien des municipalités on change d'institutrice dans la majorité des écoles de la localité. Il a aussi conseillé d'ouvrir des écoles spéciales de garçons dirigées par des hommes, et d'encourager l'enseignement de l'agriculture au moyen de jardins scolaires.

^^En terminant ses remarques, M. l'inspecteur général fait un pressant appel à la bonne volonté et au patriotisme des commissaires en faveur de l'instruction publique. Il leur

recommande de se concerter avec le curé de la paroisse, afin de recruter un personnel enseignant non seulement compétent au point de vue professionnel, mais offrant aussi toutes les garanties au point de vue moral.

'^Monsieur Magnan reprend alors son siège au milieu des applaudissements prolongés de Pauditoire."

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