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L'INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE

QUÉBEC(l)

Organisation scolaire actuelle I. — Historique

Pour des raisons qu'il serait trop long d'énumérer ici, ce n'est qu'en 1846 que le Bas-Canada a été doté d'une organisation scolaire qui fût convenable à la majorité de sa population, comme aujourd'hui, française et catholique.

C'est à dater du système d'écoles confessionnelles (1846), que les écoles primaires se multiplièrent sur tout le territoire du Bas- Canada. Jusque-là (depuis 1760), les évêques catholiques et le clergé, les quelques communautés religieuses de l'époque et les instituteurs laïques ouvrirent des écoles primaires qui répandirent un peu partout l'instruction élémentaire. Et, grâce au clergé et aux collèges classiques de Québec, de Montréal, de Nicolet, de Saint-Hyacinthe, de Sainte-Thérèse, de Chambly,(2) de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, de l'Assomption, de Sainte-Marie (des Jésuites), le flambeau de la science et des lettres ne cessa un seul instant d'éclairer la marche du peuple canadien-français.

Les collèges McGill et Bishop rendirent aussi de grands services à la population protestante.

La loi de 1846 fut le véritable point de départ du développement de l'instruction primaire en notre province. Cette année-là, les municipalités scolaires furent érigées et les commissions scolaires instituées. Depuis cette date, la loi de l'éducation a subi bien des réformes, suivant les besoin du temps, mais les grandes lignes sont restées.

En 1842, le premier surintendant de l'Instruction publique pour le Bas-Canada, M. le Dr Meilleur, fut nommé.

Peu après, les associations d'instituteurs étaient fondées et une loi de retraite était établie en 1856. Cette loi de retraite des instituteurs fut abrogée et remplacée par celle de 1880, encore en vigueur, bien que considérablement modifiée en 1899.

D'après les lois de 1844 et 1846, deux bureaux d'examinateurs avaient été organisés, à Québec et à Montréal, devant l'un desquels les instituteurs devaient subir un examen avant de pouvoir enseigner;

(1) Publié dans l'Annuaire St distique de Québec, de 1915.

(2) Fondé en 1825. D'abord classique, ce collège ne donne, depuis longtemps, qu'une éducation primaire.

six autres bureaux furent établis en 1853 pour les districts de Gaspé, Kamouraska, Trois-Rivières, Saint-François et Outaouais. Ces bureaux, augmentés en nombre et quelque peu modifiés, furent maintenus jusqu'en 1898, alors qu'un seul bureau pour tous les catholiques de la province fut établi. C'est le Bureau central actuel, qui, depuis bientôt vingt ans, rend de précieux services à la province.

Il y a aussi un bureau central d'examinateurs pour les protestants.

Puis, successivement, furent établis: 1852, les premiers inspecteurs d'écoles ;(1) 1857, les écoles normales Jacques-Cartier (à Montréal), Laval (à Québec), pour les catholiques, et McGill (à Montréal), pour les protestants; (2) en 1859, le Conseil de l'Instruction publique. En 1875, ce conseil fut réorganisé: c'est à cette date qu'il fut divisé en deux comités, l'un catholique et l'autre protestant.

Les lois scolaires de la province de Québec ont été réunies et publiées par M. Paul de Cazes sous le titre de ''Code de l'Instruction publique", en 1890. Sous le titre de ''Code scolaire", de nouvelles éditions de ce code furent publiées en 1899 et en 1912.(3)

Jusqu'en 1899, il n'y eut qu'une seule école normale de filles, celle des Ursulines de Québec, dans la province. Cette année-là, une autre école normale pour les jeunes filles fut établie à Montréal: on en confia la direction aux religieuses de la Congrégation de Notre- Dame. Dans la suite, on multiplia ces excellentes institutions. Voici, dans l'ordre chronologique, la liste des autres écoles normales de filles fondées dans notre province depuis 1905:

1907: Rimouski et Chicoutimi;

1908: Nicolet, Trois-Rivières et Valleyfield;

1909: Hull;

1912: Saint-Hyacinthe et Joliette;

1913: Saint-Pascal (École normale classico-ménagère).

En 1910, l'École des Hautes Études commerciales, établie par une loi adoptée en 1907 par la législature de Québec, ouvrait ses portes aux jeunes gens désireux d'acquérir une formation supérieure qui

(1) C'est en 1854 que fut inaugurée l'Université Laval.

(2) Cette dernière s'effaça en 1906, et fut annexée au Collège Macdonald, de Sainte- Anne-de-Bellevue, qui est sous le contrôle de l'Université McGill.

(3) En 1884, les lois de l'Instruction publique furent publiées en un volume par l'imprimeur A. Côté & Cie, à Québec. En 1894, le département de l'Instruction publique pubUa aussi en un volume les lois de l'éducation telles qu'amendées jusqu'au premier juillet de la même année. Ce volume fut publié par les soins de M. Couillard, alors employé du département de l'Instruction publique. En 1899, les lois de l'Instruction publique, telles que refondues cette année-là, furent publiées par ordre de la Législature.

leur permit d'obtenir plus tard une place marquée dans le commerce, rindustrie, l'administration. Cette école, appelée à jouer un rôle prépondérant dans notre province, a été affiliée à l'Université Laval, en

En 1911, l'enseignement technique fut enfin établi sur des bases sérieuses. Et deux écoles industrielles parfaitement aménagées ont été mises en activité cette année-là: l'une à Québec et l'autre à Montréal. Ces écoles techniques sont très recherchées. Dès la première année, 157 élèves s'inscrivaient à celle de Québec et 450 à celle de Montréal. Au cours de 1914, on a décidé d'établir des écoles identiques à Shawinigan, Buckingham et Sherbrooke. A cette fin, il a été voté $7,775 par la législature.

Deux autres fondations qui sont tout à l'honneur de notre province, ce sont celles de l'École d'arpentage et de l'École forestière, toutes deux annexées à l'Université Laval de Québec, la première en 1907 et la seconde en 1910.

Notons aussi que depuis 1905, les deux écoles d'Agriculture (celle d'Oka et celle de Sainte-Anne-de-la-Pocatière) ont été affiliées à l'Université Laval. Avec l'aide du gouvernement de Québec, les locaux de ces deux importantes institutions ont été refaits à neufs ou agrandis considérablementl Le nombre des élèves fréquentant ces maisons a triplé depuis cinq ou six ans.

En 1911, sur la recommandation du comité catholique du Conseil de l'Instruction publique, le Gouvernement nomma deux Inspecteurs généraux, l'un pour les écoles catholiques, l'autre pour les écoles protestantes.

II. 1905-1915. Quelques statistiques. — Une décade de Progrès

Depuis une vingtaine d'années, il s'est fait de notables et constants progrès en matières scolaires, dans la province de Québec. Mais c'est depuis 1905 surtout que la poussée vers le progrès a été le plus sensible. Voici quelques statistiques éloquentes :

1904-190Ô 1913-1914 Co^t total de l'enseignement dans

la province de Québec $ 4,084,518 % 9,291,341

Subventions du gouvernement .. 480,760 1,724,110

Contributions des municipalités . . 2 , 199 , 37 1 6 , 338 , 869

Subventions aux Universités 16 , 200 77 , 500

Sommes dépensées par les municipalités pour constructions scolaires 325,522 1,117,895

Aide du gouvernement aux municipalités pauvres 28,881 30,000

Fonds des écoles publiques 160,000 200,000

Primes aux municipalités (rien) 225,000

1905 1912-14 Primes aux instituteurs et aux

institutrices 14,662 45,791

Contribution au fonds de pension 13,000 29,000

Subventions aux écoles normales . 53,500 120,000

Nombre de municipalités scolaires 1 ,425 1 ,570

Nombre d'arrondissements scolaires 6,040 6,601

Nombre d'écoles sous contrôle . . . 6,288 6,617

Nombre d'écoles de tous genres. . 6,427 7,016

Nombre d'élèves 355,213 459,755

Écoles primaires intermédiaires

(modèles) 587 671

Écoles primaires supérieures (académies) 184 296

Élèves des écoles intermédiaires et

supérieures 126,055 191 ,288

Fréquentation scolaire (présence

moyenne) : École élémentaire 72.08% 75.67%

Dans les écoles de tous genres ... 76 . 07% 79 . 17%

Élèves dans les écoles normales . . 416 1 , 088

Bureau central: augmentation du nombre des brevets supérieurs: 1905 1914

Brevets modèles 571 677

Brevets académiques ... 28 187 Élèves des écoles primaires catholiques:

En4ème 27,138 37,133

En5ème 11,431 15,367

En6ème 6,167 7,846

En7ème 2,163 3,638

En8ème 1,168 1,821

Elèves dans les écoles spéciales: 1905 1913

Universités, collèges, etc., etc . . . . 19,445 22,329

Moyenne des traitements:

Instituteurs $ 695,00 $ 888.00

Institutrices 150 .00 224 .00

Institutrices recevant moins de

cent piastres 766 10*

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