MAMOKUTU, PAÏENNE ET CHRETIENNE
Au Sud de l’Afrique.
c’est aux enseignements de ma mère que je le dois ! »
Enfin des femmes d’évangélistes et d’instituteurs sont de vraies conseillères pour leurs maris, qui ne feraient rien sans les consulter. Leurs enfants bien élevés et leur maison tenue en ordre les font vite connaître et respecter par ceux qui les voient.
Vous savez que la mission du Zambèze compte plusieurs évangélistes bassoutos, et elle a déjà pu reconnaître la valeur des femmes de ces derniers et leur bienfaisante influence.
En tout pays c’est l’Evangile qui donne à la femme sa place au foyer et la met au rang qu’elle doit occuper dans la famille.
Je termine par un fait qui nous a particulièrement réjouis ces derniers temps. Notre Petit Messager des missions publia en 1884 un dessin que j’avais fait d’une païenne en tenue de danse. Mamokutu, la femme du chef Lenka, était vêtue d’un costume de peau de bœuf orné de perles de toutes couleurs, la tête bien luisante de graisse et couronnée d’un Kharatsama fait des poils de la queue d’un porcépic et un petit bouclier de danse à la main.
Bien des conversations avaient suivi la petite
La femme au Lessouto.
séance de pose ; longtemps Mamokutu avait résisté, cherchant à oublier dans des fêtes bruyantes le trouble de son coeur. Cependant elle vint il y a environ trois ans me dire textuellement : « J’étais aveugle; mais Jésus, le roi des aveugles, a eu pitié de moi; aussi je veux le suivre. »
On s’est passablement moqué d’elle dans son entourage, elle a traversé des temps de misère et de souffrance, mais elle a tenu bon. Nous avons pu la baptiser il n’y a pas bien longtemps et en souvenir du passé elle a bien voulu me permettre de faire de nouveau un croquis d’elle que je joins au premier pour vous les présenter.
Les petits Artistes
Voilà le jour de l’an qui s’approche et peut-être que plusieurs d’entre vous, pour des raisons diverses, n’auront pas d’étrennes. Eh bien ! vos amis, les petits Bassoutos, vont vous indiquer un moyen de vous faire très facilement quelque chose de joli et surtout de pas cher, pouvant fort bien, avec un peu de bonne volonté, remplacer les étrennes absentes.
Vous pensez bien que vos amis de par ici ne connaissent pas les joujoux qui vous ravissent : poupées, balles, billes, cerceaux, etc. M. Polichinelle leur est même inconnu ! Ils ont leurs jouets, si l’on peut les appeler ainsi, et leurs manières de s’amuser.
Par exemple, ils aiment extrêmement les voi-
Au Sud de l’Afrique.
tures ou wagons à bœufs et ne sont jamais fatigués de s’en fabriquer.
Pas besoin de beaucoup d’outils pour cela. Nos petits négrillons ne sont pas, comme deux petits gamins blancs et que je connais bien, toujours en quête de clous, vis et ficelles. Nos amis prennent... Quoi ?... Vous ne devinez pas.
Eh bien, avec un peu de terre glaise et des brins de paille, ils font un wagon rappelant vraiment un peu ceux qui apportent les marchandises au Lessouto. Voyez un peu le wagon ci-contre; il est pesamment chargé de vieilles boîtes d’allumettes et de bobines; je ne sais si les quatre bœufs suffiront pour un tel bagage, malgré les efforts du conducteur qui, avec son fouet de paille, a l’air de se donner beaucoup de peine; mais ce que je sais bien, c’est que vos amis s’amusent beaucoup du véhicule et de son attelage. Remarquez que les bœufs portent la marque du propriétaire; l’artiste n’a rien oublié.
Si vous préférez faire une brouette, voici un modèle de même provenance que je place sous vos yeux. Les matériaux sont toujours de même simplicité : de la terre glaise et une paille.
SUD DE l’aFRIQ.UE.