X. L’Afrique méridionale , par M. E. Reclus
Au Sud de V Afrique.
fendu à son extrémité et la portait comme une bannière à son destinataire. De nos jours, le bureau de poste de Morija, pour ne parler que de celui-là, reçoit en moyenne de deux cent cinquante à trois cents lettres par semaine.
Autre fait se rattachant à la poste : un indigène est chargé, à la suite d’un contrat passé avec le gouvernement, du service de la poste de Maféteng à Mohale’s Hoek, et fait fonctionner ce service deux fois par semaine avec une rigoureuse exactitude, en se rendant compte de la responsabilité qui pèse sur lui.
Mais si je continue sur ce chapitre, je risque de m’étendre un peu trop, écueil que je veux éviter autant que faire se peut.
Il faudrait vous parler des cultures, qui ont remarquablement progressé. Nombre d’indigènes cultivent, à la charrue, bien entendu, d’abord les céréales, puis aussi un peu les pommes de terre, les melons, les haricots, oignons, tabac, betteraves, etc.
Je devrais de plus vous mentionner les travaux des élèves de notre école industrielle de Leloaleng. Le beau bâtiment qui figure ci-après a été inauguré il n’y a pas longtemps; il prouve en faveur de
La civilisation che ^ les Bassoutos.
l’école et de ses élèves-tailleurs de pierre, maçons et charpentiers. Je vous recommande aussi chaudement les bancs, tables, armoires, etc., qu’on y fait, pour quand vous devrez vous mettre en ménage.
Les jeunes filles des stations comme Morija, Hermon, etc., sans oublier celles de l’école supérieure de Thaba Bossiou, arrivent à tricoter des bérets qui se vendent très aisément et des bas presque aussi bien qu’une grand’ maman européenne.
Qui sait même si les blanchisseuses de Meudon ne seraient pas un peu jalouses de plusieurs de leurs émules du Lessouto, moins bruyantes probablement et tout aussi habiles ?