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L'Afrique méridionale , par H. Reclus

Au Sud de l’Afrique.

Le Coin français est dominé par une montagne assez élevée et nommée « la montagne de Simond », du nom d’un des pasteurs venus d’Europe avec les réfugiés.

La jolie petite ville de « La Perle », située non loin de là, a été fondée par nos ancêtres qui lui donnèrent ce nom à cause d’un gros rocher de forme arrondie qui couronne la hauteur voisine. Le curieux clocher de l’église protestante hollandaise de cet endroit que vous voyez ci-après (p. 7), est entouré de tombes dont quelques-unes portent des noms français et qui datent de la fin du siècle dernier.

Je n’ai pu rencontrer aucun objet remontant à l’époque de l’exode de nos pères; aucun de leurs descendants ne parle français ; mais rien n’est touchant comme l’intérêt qu’ils ont conservé pour la patrie de leurs ancêtres et la religion de leurs pères.

Les Leroux, Marais, Dutoit, Malherbe, que l’on me mena visiter à la « vallée du Charron » et aux enyirons, me reçurent comme un des leurs. Ces braves gens ne parlaient guère que le hollandais, aussi nous ne pouvions pas nous dire grand’chose, mais nous comprenions tout de même que nous

l’église du coin français et la montagne de simond

(D'après une photographie.)

Au Sud de l’Afrique.

étions frères au double titre de Français et de huguenots.

J’ai eu l’occasion de voir l’arbre généalogique d’une de ces vieilles familles, anoblie dans le temps par les rois de France et dont les armoiries figurent en tête dudit document.

Le chef de cette famille, François du Toict, quitta la France avec sa femme Suzanne Seugnet, en 1688, à la suite des persécutions et mourut, en 173I, à Drakenstein.

Leurs descendants sont nombreux ; plusieurs sont pasteurs, un autre était ou est encore ministre du gouvernement de la colonie.

Enfin, il y a environ vingt ans, le pasteur Andrew Murray, de Wellington, dont le nom est connu parmi nous, car plusieurs de ses livres ont été traduits du hollandais dans notre langue, désira, ainsi que quelques descendants français, faire quelque chose qui fixât ce glorieux nom de « huguenot » et devînt comme un monument élevé à la mémoire des réfugiés. Par suite de diverses circonstances, M. Murray, fut amené à fonder un collège pour jeunes filles sur le modèle de certaines institutions américaines.

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