ÉLÉPHANT EN TERRE GLAISE
Le voyage de Lefi, du Zambèze au Lessouto, a duré, par suite de contretemps sans fin, environ dix mois ! Il n’en est pas trop étonné ; pour la patience, les indigènes en ont dans certains cas plus que nous, parfois ils pourraient en remontrer à feue Griselidis elle-même !
Notre explorateur nous a longuement parlé des Matotela, qui sont les forgerons du pays et qui de
plus travaillent fort bien le bois ; puis des Masubia, des Makua-Kuali, des Batoka , des Mashicolomboué, et autres membres de la tribu des Barotsis. Nous avons pu constater aussi que Barotsis et Bassoutos se ressemblent étrangement tant que l’Évangile n’a pas agi sur leurs cœurs. Les premiers ont peut-être plus d’habileté que les derniers, mais leurs coutumes et leur manière de vivre sont bien proches parentes, sans parler d’un certain petit instrument en fer, nommé lebeko, en usage là-bas comme ici, et qui tient lieu de mouchoir de poche 1 . . . Au Lessouto les musiciens se contentent du tbomô et du setolôtolô, sortes de violon un peu primitifs qui ne rappellent absolument pas le moindre des violons Stradivarius ou autres.
Le piano des Barotsis, appelé kamgobio, est bien supérieur à ces violons bassoutos et montre un esprit véritablement inventif, mais il ne faut pas
« LEBEKO »
1. C’est le même instrument qu’on retrouve, sous le nom de bâton de ne ç, dans les vitrines du Trocadéro relatives à l’Amérique centrale.
Conférence sur le Zambèze.
oublier de le placer sur une calebasse de bois pour lui donner plus de sonorité.