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T PAYSAGE DES MONTAGNES

Au Sud de V Afrique.

En revanche, non loin de la grande. pyramide de Gizeh et près du sphinx, j’ai eu l’avantage de voir des ruines découvertes depuis seulement une trentaine d’années, bâties en énormes blocs de granit et dont l’ancienneté, plus grande que celle des pyramides, au dire des savants, « se perd dans la nuit des temps » ou dans « l’Océan des âges », si vous préférez cette expression du poète Lamartine.

La question des sources du Nil, qui préoccupa tant de générations de géographes, semble bien près d’être résolue, si elle ne l’est tout à fait; mais rassurez-vous, bien d’autres explorations restent encore à faire pour les voyageurs de l’avenir.

Dans un autre ordre d’idées, on aimerait connaître l’histoire des signes juifs ou chrétiens que le missionnaire-voyageur Livingstone voyait 1 tatoués sur les indigènes du centre de l’Afrique, ainsi que l’origine de la petite croix bleue tatouée sur la figure des fillettes de la Kabylie orientale, que nous avions l’étonnement de voir, mes compagnons d’armes et moi, lors de la campagne de 1871 en Algérie.

r. Dernier Journal , xcr volume.

Questions d’archéologie et autres.

Ici, au Lessouto, nous aimerions bien savoir quelque chose sur la configuration géologique, parfois si étrange, de ce pays et aussi sur les énormes empreintes pétrifiées d’oiseaux ou de lézards, qu’on voit sur les rochers de la montagne qui domine la station de Morija et qu’on rencontre, diton, dans différents endroits du Sud africain.

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TATOUAGES DES MATAMMBOUÉ

(Dessin extrait du Dernier Journal de Livingstone. [Hachette et Cu‘, éditeurs. 1878.])

Mais bien d’autres questions restent encore en suspens dans cette mystérieuse Afrique, dont le nom même est d’origine incertaine.

Ces derniers temps, des ruines connues depuis assez longtemps ont été explorées par un archéo-

Au Sud de l’Afrique.

logue anglais et ont, grâce à ses travaux, offert un nouvel intérêt aux savants, comme aussi à ceux qui ne le sont pas.

Ces ruines sont situées dans le pays des Matabélés, non loin de Fort-Victoria, entre le Limpopo et le Zambèze, et occupent des espaces considérables.

A Zimbabié, où se trouvent les plus importants de ces restes, se dresse une tour massive en pierres taillées, avec des pans de murs fort importants. « Les grands blocs de pierre taillée, dit l’ar- « chéologue, M. J. Bent1, dont se servaient les « Égyptiens, les Grecs et les Romains pour leurs « constructions, devaient être d’un maniement re- « lativement plus facile, en comparaison de ces « mêmes pierres de granit assemblées en assises « régulières pour former un mur d’une épaisseur « et d’une hauteur vraiment prodigieuses. »

Ces vénérables débris remontent, cela va sans dire, à une époque très lointaine, témoignent d’une civilisation étrangement avancée et sont presque tous dans le voisinage de gisements d’or; on a

i. Citation faite par la Revue des Deux-Mondes, 1er octobre 1894.

Questions d’ archéologie et autres.

même découvert des creusets pour fondre l’or et des moules à lingots; aussi s’est-on demandé si l’on n’était pas devant l’ancienne Ophir du roi Salomon. D’autre part, certains détails de la bâtisse, des haches, des lances, des clochettes en fer, puis des fragments de sculptures, de poteries et d’objets trouvés dans les fouilles, sembleraient indiquer une origine égyptienne ou phénicienne, ou peut-être tout simplement romaine !

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