‹ Au Sujet des Algies dites RhumatismalesChapitre 6 sur 34 · L: De · texte numérisé non relu

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Introduction

Dans le domaine de la pathologie, dont la claire étymologie marque un choix si judicieux, une part infiniment grande appartient à la douleur.

Déjà immense par son intérêt philosophique et social, elle acquiert en clinique toute sa valeur par sa réalité vivante : alarme précise, dans bien des cas, pour le malade, elle apporte au médecin une aide fréquente Les La modalité symptômatique qu'elle représente.

Combien de fois aussi suscite-t-elle au praticien de grandes difficultés, lorsqu'il faut établir une relation, raisonnable et basée sur un minimum de faits observés, entre tel phénomène douloureux et une explication pathogénique satisfaisante !

Que de fois encore contribue-t-elle à égarer le médecin et à inquiéter inutilement le malade par la disproportion fréquente qui existe entre son intensité et la gravité pronostique de sa signification pathologique !

Les algies, étudiées ici, pourront, dans une certaine mesure, en fournir des exemples.

Le docteur Noël Fiessinger a été frappé par une catégorie particulière de malades, chez lesquels l'élément douloureux joue, en apparence du moins, le seul rôle.

Ses remarques lui ont permis une conception plus géné-

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rale de ces douleurs qui semblent essentielles ; e’est à l'appui de cette hypothèse que ce travail est fait.

Les éléments descriptifs nécessaires nous ont été fournis en majeure partie par des observations, purement chniques, prises à la consultation de médecine du docteur N..Fiessinger, à l'hôpital Saint-Antoine.

Nous avons rencontré Jà, en quelques semaines, un certain nombre de malades atteints de ces algies imprécises : cette fréquence relative est incontestable. Nouk

avons examiné les caractères présentés par leur. douleur :

nous avons ensuite orienté notre interrogatoire pour mel-

tre en lumière, auprès de la plupart d'entre eux, certains phénomènes généraux en ‘rapport vraisemblable avec l’algie : phénomènes sans importance pour les malades, de si peu de valeur même qu'ils n'en parlent pas. de telle sorte que l'attention des médecins ne semble guère avoir été attirée sur eux. Leur intérèt médical pa-

rail cependant certain.

Lorsqu'un malade se plaint d'un phénomène douloureux, le médecin qui l'examine est aussitôt tenté de rattacher ce symptôme à d'autres : il le considère comme un fragment d'un {out symptômatique, qui constitue une maladie trouvant sa place dans là nosologie.

Sans doute ce symptôme douleur peut, dans certains cas ne s'accompagner d'aucun autre appréciable, mais ses compagnons apparaîtront à leur heure : la douleur n'aura 66 que la première en date dans un syndrôme dont les éléments de diagnostic étaient alors insuffisants : le temps les complétera plus où moins tôt : dès lors l'indé-

termination cessera,

Au lieu que les douleurs que nous étudions constituent à elles seules toute la maladie, du moins est-ce pour elles seules que le malade consulte : aucun autre trouble organique, hors la gêne motrice possible suivant leur localisation, ne s'associe, ni ne s’associera à elles dans la suite.

Leur évolution est aiguë, de courte durée, aucune complication ne vient s’y mêler ; leur pronostic est bénin et leur guérison spontanée. Elles apparaissent et disparaissent sans laisser la trace de leur passage.

Leur siège, leur étendue, leur intensité, leur genre, tout ce qui peut servir à caractériser une douleur, est essentiellement variable. Cette diffusion même semble

A être leur apanage.

Leur prédominance dans la saison humide et froide est certaine, en même temps quexistent des foyers de grippe sporadique.

Le peuple les appelle couramment « douleurs ». Le médecins ont des avis dont la variété trahit l'absence de certitude : le suffixe algie, trop généreusement employé, marque cette indécision., De la sorte sont créées des myalgies, arthralgies, périarthralgies, névralgies, dermalgies niême. ;

Plus souvent encore on incrimine le rhumatisme, sans spécifier quelle en est la nature ‘et sans employer le salicylate. ;

Tout cela est bien vague, et les médecins qui, démocratiquement, adoptent l'expression populaire, ont au moins la franchise de ne pas dissimuler leur ignorance dans la matière. |

Pour notre part, tout en conservant, jusqu'à présent,

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à ces douleurs leur caractère d'indétermination, nous les qualifierons simplement d’ « Algies ». Le choix de ce terme n'est du reste pas indifférent si l'on s'en rapporte à cette appréciation du professeur Sicard (in Neurologie du Traité de pathologie médicale publié sous la direction des docteurs E. Sergent, L. Ribadeau-Dumas, L. Babonneix) : « Lés termes algie et douleur ne sont pas synonYmes. La douleur peut n'être que fugitive, passagère. L'algie implique, au contraire, une tendance à la répétition, à Ha persistance de la réaction douloureuse. Le terme algie évoque en lui-même, non seulement la perception d'une sensation pénible, mais d'une sensation dont on appréhende le retour. » J

En général, et malgré l'intensité à laquelle la douleur peut atteindre, le malade à un sentiment intuitif de la bénignité de sa signifiation pathologique, comme si la douleur avait de ces complaisances secrètes avec eeux qu'elle possède. Aussi ces cas ne se rencontrent-ils pas en chientèle ; du moins ils ne viennent pas consulter exprès pour cela, sauf dans quelques formes particulièrement douloureuses, gênantes ou prolongées. On ne les voil pas davantage parmi les malades admis dans les salles d'hôpital.

Par contre, la consultation de médecine des hôpitaux Is connaît bien et nous avons déjà signalé qu'ils ne correspondaient pas à des cas rares.

Les médecins militaires n'ont pas moins fréquemment affaire avec ces sortes d'algiques, pour lesquels la douleur, invérifiable dans sa subjectivité, est un heureux

Le . : . . ot pv prétexte, et qui n'est pas toujours vrai, à éviter les cor- {

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