Capucines, 15 janvier
mettons de gêne, devant cet amas systématique de grivoiseries et d'obscénités.
La revue de M. Rip est une revue gauloise, c'est entendu. Mais, toute pruderie à part, ce genre de gauloiseries-là passe les bornes. Le pire, est qu'elles sont volontaires, laborieuses. Il est visible que l'intention de M. Rip a été de faire, en ce genre, mieux et plus fort qu'on n'avait fait avant lui. Il y a pleinement réussi. Rendons-lui sans hésiter cet hommage.
Et l'on sait aussi que les revues de M. Rip sont des revues audacieuses. Ce ne sont pas seulement les choses et les actes qu'il désigne crûment par leur nom, ce sont aussi les hommes, et même les femmes. Je n'ai pas un goût démesuré pour ce genre d'effets, et surtout il me semble que M. Rip n'en use pas toujours avec convenance et avec délicatesse. Aristophane, en son temps, avait eu plus d'audace encore que M. Rip, je le sais bien. Mais remettons à un autre jour le parallèle de M. Rip et d'Aristophane.
Il fallait dire cela. Mais, maintenant que ma conscience est libérée, je dois reconnaître encore une fois que, de tous nos faiseurs de revue, M. Rip est probablement le plus original, qu'il a le don de faire défiler sans ennui, ayec une prestesse agile et aûre, les événements, les per-