TUYEN-QUAN
L'armée de Quang-Si est vaincue, repoussée au delà de ses frontières; mais il n'en est pas encore de même de celle du Yun-Nam et des Pavillons noirs, contre laquelle lutte, sans un instant de répit, depuis le mois de décembre, la poignée de braves que commande l'héroïque commandant Dominé.
3^2 AU TONRIN
11 n'y a pas un instant à perdre. Dominé a pu, dit-il, attendre la certitude de l'occupation de Lang-Son ; mais il se trouve actuellement dans l'absolue nécessité d appeler au secours. 11 a, jusqu'à ce jour, résisté à tous les assauts, détruit par des contre-galeries, poussées par le sergent du génie Bobillot, les mines que l'ennemi a conduites jusqu'au.^ remparts, construit, dans l'intérieur même de la citadelle, de nombreux retranchements-abris qui limitent l'étendue de la défense. Mais, voici qu'une explosion vient de faire sauter plus de 15 mètres du rempart, et que la brèche est largement ouverte. Il a fallu repousser un triple assaut. Et malgré l'énergie des combattants, malgré l'infatigable dévouement du médecin-major Vincent, l'effectif de résistance, déjà si réduit par les combats de chaque jour, diminue d'une manière effravante sous l'action des maladies. C'est à peine si quatre cents hommes, avec si.\ petits canons, quel- (jues pelles et quelques pioches, demeurent encore pour défendre, contre un ennemi vingt fois plus nombreu.x, une enceinte de 1,500 mètres. Le moral demeure à l'abri, mais les forces physiques s'épuisent. Il n'est que temps d'intervenir.
16 février. — Seule, la brigade Glovaninelli est actuellement disponible. Avec les tirailleurs algériens et le contingent tonkinois, son effectif n'atteint pas trois mille hommes. A marches forcées, sous les ordres du général en chef, elle se remet en route pour Hanoï, où elle arrive dans la soirée du 21, ayant, en cinq jours, parcouru près de 130 kilomètres, malgré l'immense difficulté du terrain.
22 février . — Et de suite elle embarque, pour arriver, dans la journée du 25, au confluent du fleuve Rouge et de la rivière Claire, à GO kilomètres encore de Tuyen-Quan.
25 février. — A peine le temps de former la colonne de marche et de l'engager, par un sentier de chèvres, jusqu'à Phu-Doan, au confluent de la rivière Claire, que nos bateaux