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Chasse

Quoique dans toutes les tribus lo-lo, la chasse soit tort en honneur, ce n’est cependant partout qu'un agréable passe-temps.

Les Lo-lo p'o ne font pas exception à la règle générale. Chez eux, la chasse aux souris (hè ouo-tou yi) prime toutes les autres. Au printemps surtout, les hommes y consacrent tous leurs moments libres. On prend les souris avec un piège à bascule (hè ouo-tou ), la bascule est une grande pierre plate.

C’est le mets le plus succulent que connaissent les Indigènes. Celles des champs, de la montagne, sont délicieuses, dit-on. Celles des maisons sont sales, aussi n’y a-t-il que les enfants qui en mangent parfois. On ne distingue pas entre souris et rats, qui portent du reste le même nom (hè).

Une fois prises, on les ouvre pour le nettoyage, on les grille sur la braise et on les mange ainsi rôties. C’est meilleur que la chair du faisan.

On chasse également le daim musqué, le coq de bruyère, le faisan, l'antilope, le lièvre, et le singe et l’ours a miel.

Pour ces chasses, on ne se sert guère du fusil, qui n'est pas encore très-répandu chez les Lo-lo p’o. On se sert plutôt de lacets, faits de cordes de palmier. Il y en a de deux sortes. L’un, ordinaire (ouo-tou), prend les bêtes par les pattes, l’autre (lè-sè ouo-do ). les prend par le cou. Dans la plaine, on se sert d’avantage de filets. Les uns sont à grandes mailles (tcheu-p eu) , les autres cà petites mailles (lo peu).

Les fusils sont à amorces, ou plus souvent encore à mèche.

Les Lo-lo ont-ils su fabriquer des fusils avant l'arrivée des Chinois? J’en doute! A vrai dire, le mot (tch’ou) «fusil» est bien

Vie physique des Lo-los.

lo-lo; mais quoiqu’il en soit, de nos jours, ces braves ne savent guère les fabriquer.

La poudre, appelée ho-yo comme en chinois, est également achetée, et non fabriquée par les Lo-lo p’o. Cependant les A-hi du pays de Lou-lan la font eux-mêmes.

Outre les fusils, on se sert aussi de lances, de triangles, de sabres, le tout chinois.

Une autre arme bien lo-lo, c est 1 arbalète. Chaque enfant a la sienne, chaque homme a la sienne.

L’arbalète ordinaire (kyé) mesure 1 mètre. La flèche (kyé tcheu) mesure 0 m 25, elle se termine en pointe et ne possède que (kux plumes (kyé tcheu heu). Ces flèches sont portées dans un petit carquois (kyé tcheu ki-dou) en petits bambous tressés.

Habitués à s’en servir dès leur plus bas âge, les Lo-lo p’o sont très habiles à tirer. Us n’empoisonnent pas leurs flèches.

Baber nous dit: «Les Lo-lo ont des arcs qu’il faut trois hommes pour tendre.» C’est quelque peu exagéré, c’est une hyperbole chinoise pour signifier que ce bandage exige une certaine force, plus que pour les arcs chinois.

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