Jeux des enfants
Les enfants, pendant que la mère travaille, sont livrés à euxmêmes, et s’amusent avec la première chose qui leur tombe sous la main. On n’a jamais songé à créer pour eux des joujeux particuliers. Aussitôt qu'ils peuvent marcher, ils suivent leurs frères et sœurs, allant faire paître les troupeaux.
Les fdles s'amusent à filer le chanvre ou à chanter. Les garçons tendent des pièges aux rats, aux oiseaux et tirent de l’arbalète.
De retour à la maison, les filles s’occupent des petits détails du ménage, les garçons continuent à s’amuser dans le village. Les petites filles assistent souvent à leurs ébats, mais plutôt comme spectatrices.
On joue à la toupie ( ti-lè lo). Ces toupies sont en bois, sans clou, fabriquées par les gamins eux-mêmes. Un premier joueur lance sa toupie, un autre lance la sienne à son tour, en essayant de frapper la première, et ainsi de suite.
Un autre jeu fort en vogue, est celui appelé (to-tsè tè-dè). On se réunit 5 ou 6, chacun avec deux sapèques, ou simplement deux cailloux. On fait un trou. Un premier joueur, ayant recueilli une sapèque de chacun, les lance vers le trou. Avec la sapèque qu’il a gardée en mains, il doit frapper la sapèque la plus proche du trou.
Nous avons ensuite le jeu du tigre (lo da-dè). Au milieu d'une cour, on dépose 3 cailloux. Un des enfants se place à quatre pattes devant eux. Les autres essayent de les lui voler. Lui, doit
Vie physique des Lo-los.
attraper un des voleurs. Celui qu'il attrape, fait tigre à son tour. S’il n'attrape personne, il fait de nouveau tigre. Si le même a dû faire tigre trois fois de suite, on lui enlève sa ceinture avec laquelle on lui bande les yeux. Les autres l’agaçent, lui essaie d’attraper quelqu’un. Si après un certain temps, il n'a réussi à attraper personne, on l'empoigne par une main, on le fait tourner et on lui demande d'indiquer du doigt l’endroit où le soleil se couche. S’il ne répond pas bien, on le secoue fortement, et on lui demande d’indiquer où le soleil se lève. S'il ne peut l'indiquer, on le houspille avec rage.
Reste enfin un autre jeu d’enfants, celui de la quête des petits chiens (a-no mè).
Un grand enfant représente la chienne. J1 s’assied en tête. Un plus petit s'assied entre ses jambes, un autre petit entre les jambes de celui-ci, et ainsi de suite.
Un autre grand, retiré un peu plus loin, arrive vers le groupe.
11 appelle: è! è!
La chienne demande: «A-sèP Qui est là?»
il répond: « A-po ! C’est ton chéri!»
La chienne: « Nyi a-tsa me la? Que viens-tu chercher?»
Lui: «A-no mè la! Je viens chercher des chiens!»
La chienne: « A-no-zo hè-mo k’i to! Les petits chiens sont dans mon ventre!»
Lui s’en va. Au bout d'un instant il revient de nouveau. On pose les mêmes questions. La réponse finale de la chienne est: « A-no-zo ra hè nga sé ! Les petits chiens ne font que de naître!»
11 part, et revient une troisième fois.
Mêmes questions! Réponse finale:
«A-no-zo a-Vi-lyou nga sé ! Les petits chiens sont encore tout petits!»
Une quatrième fois, la réponse finale est:
« A-no-zo ra dzo hè nga sé! Les petits chiens ne commencent encore qu’à manger!»
Une cinquième fois, la réponse finale est:
« A-no-zo nyi-lo t’i-mo geu! Je te donne un petit chien!»
Et il emmène un des enfants.