Jeux des adultes
Joueurs de sapèques. — Pour les grandes personnes, pour les hommes, j’entends, le jeu de sapèques est une vraie plaie. Du reste, c’est la plaie de tous les pays chinois du Yun-nan et principalement de ceux de l'ouest.
Dans la montagne, les Lo-lo p'o n'ont heureusement que rarement occasion de s’y adonner.
Dans la plaine, au contraire, où ils sont plus ou moins voisins des Chinois, c’est pour eux une ruine.
Les Chinois, particulièrement les francs-maçons, passent tout leur temps au jeu. Trop près des grands centres, ils peuvent toujours craindre l’arrivée des satellites. Aussi, c’est par vraies bandes, qu’on les voit déboucher dans les villages lo-lo dont ils violent les femmes, tout en ruinant les hommes.
Balançoires. — Les balançoires ne sont pas inconnues des Lo-lo p’o. Elles sont de deux sortes. La première (lè tchou-tcheu) consiste en une grosse pièce de bois de 1 m à 1 m 50 de haut, solidement enfoncée en terre. Sur ce bois, on dépose un tronc d'arbre de grosseur moyenne de 5 à Gm de long, qui forme balançoire. Un individu se pose à chaque bout sur le ventre, et tous deux s’aidant de leurs pieds, balancent alternativement en tournant.
La seconde espèce (yé hi-vi) est un immense trapèze.
Ce jeu de balançoires est celui du nouvel an. Chaque année, dans chaque village, les garçons doivent monter ces balançoires pour les tilles, mais ils en usent évidemment autant qu’elles. Quand les garçons d’un village sont en bisque avec ceux d’un autre village, et que cependant les filles de chez eux vont quand même flirter avec leurs ennemis, les garçons au nouvel an ne montent pas les balançoires pour se venger des filles.
Vie physique des Lo-los.