‹ Auget de Montyon, 1733-1820Chapitre 151 sur 224 · Archives de l Assistance Publique · texte numérisé non relu

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Veut-on maintenant savoir comment faisaient la paix ces deux personnages apparemment aussi bourrus et aussi bienfaisants l'un que l'autre ? Il faut pour cela, lire la lettre suivante qui ne manque point d'allure, et qui honore à la fois le maître et le serviteur :

1792, 22 août. i792, 4 septembre.

J'ai reçu votre réponse du 9 Je tâcherai de faire mieux uiio

de ce mois à mes lettres du 4 autre fois. juin 14, 18, 21 juillet ; une autre fois, tâchez de répondre plus promptement, mais surtout ne répondez plus avec le ton avec lequel vous avez répondu ; il n'est pas décent, et c'est dans les circonstances actuelles qu'on reconnaît les honnêtes gens, qui s'écartent moins que jamais de ce qui est convenable ; au Ijeu de faire des difficultés, tâchez de bien entendre; vous aurez moins de peine et vous épargnerez des erreurs ; tant que vous n'aurez pas plus de docilité dans l'esprit, vous vous donnerez bien de la peine et à moi aussi...

Vous devriez voir que j'ai des principes d'administration justes, et que, quand un homme trompe et a mauvaise foi, je veux qu'il soit puni pour l'exemple.

J'ai été occupé de plus grands objets que ces misères-ci, mais l'inexécution de ce que je mande me donne beaucoup de peine.

Vous me dites que j'aurais dû envoyer à Platteau un certificat en forme authentique ; c'est vous occuper de ce que vous ne

CHAI'ITIU-: VIII

savez pas, ayez plus de confiance en moi.

Je vous mande de ne point donner d'acompte aux ouvriers après la Saint-Martin de chaque année qu'ils n'ayent donné leurs mémoires de l'année précédente.

Vous me l'avez promis nombre de fois, puis vous faites le contraire, et me mandez qu'il faut bien leur donner des acomptes quand ils ont besoin d'argent.

S'ils ont besoin d'argent, ils peuvent donner leurs mémoires ; exécutez ce que je vous mande, car tous vos raisonnements sont une pépinière de difficultés et d'embarras.

Je sais fort bien que dans la règle, cela devrait s'observer; mais un ouvrier qui n'a pas de quoi substanter sa maison, il sei'ait même nécessaire de le payer par avance, ce qui s'est quelquefois observé ; dans des malheurs comme ceux qui nous sont survenus, en trop grand nombre, on ne peut pas toujours obéir à Monsieur ; c'est assez

Mieux cependant qu'une semonce, fût-elle la plus belle du monde, mieux qu'un acte de contrition, fùt-il le plus sincère, l3S événements devaient bientôt se charger de réconcilier tout à fait Montyon et Parain, en les plaçant, tous les deux, en face d'un commun danger, celui de l'émeute. Dès le mois d'août 1792, la rumeur publique accuse Parain de faux ou usage de faux ; on prétend qu'il a fabriqué, dans leur entier, les pièces déposées au district, et qui attestent, en même temps que l'existence de Montyon, sa présence sur le territoire français ^. Puis comme on croit aisément ce qu'on redoute, ou ce qu'on désire, les gens du pays briard accoutument peu à peu de compter Montyon parmi les émigrés et son domaine parmi les biens saisissables ; par voie de conséquence logique, ils prétendent se conduire en maitres, et, le 8 septembre 1792, Parain écrit :

La commune de Chambry m'a écrit pour lui faire accorder un arbre peuplier, le payant, à prendre sur la propriété de Monsieur,

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