II. DOCTRINE DE COMTE DANS SA DEUXIÈME PÉRIODE
arriver à ce but. Le grand prêtre positiviste est, plus que n'importe quel Pape, le véritable chef de tout l'Occident.
(y) Conversion du monde au positivisme.
116. — Peu à peu le positivisme pourra étendre son action jusque sur les pays et sur les peuples non civilisés, afin de favoriser leur évolution et de les amener à l'état final positif. Son esprit essentiellement relatif le sert admirablement en cela.
Cette conversion peut s'achever en trois générations. — Dans la première, c'est la conversion des monothéistes orientaux ; — dans la seconde,, celle des polythéistes ; — dans la troisième, celle des fétichistes. Sous l'impulsion du sacerdoce positiviste, lorsqu'il sera devenu suffisamment fort, l'Afrique elle-même s'ouvrira enfin à la civilisation.
La race blanche, la race jaune et la race noire représentent les trois parties principales de l'appareil cérébral : la partie spéculative, la partieactive, la partie aff'ective. Chez la première, domine l'intelligence; chez la seconde, l'action;, chez la troisième, le sentiment. Toutes les trois, par leur concours, forment le Grand Etre.
117. — En trente trois ans. — Comte va jusqu'à fixer la date à laquelle les trois groupes des-
peuples se convertiront au positivisme : révolution s'accomplira dans ce siècle. Dès la prochaine génération, écrivait-il en 1854, la religion <le rbumanité sera devenue la religion universelle. Sept années suffisent pour la conversion des monothéistes ; il faudra encore treize autres ,années pour la conversion des polythéistes, et autant pour celle des fétichistes *.
Les trois dictatures. — Aug. Comte croyait voir le commencement de cette période de V Interrègne spirituel — dans la présidence ou dictature de Louis Napoléon. Cette dictature, encore « sceptique-empirique » en ce qu'elle accorde Tenlière liberté de la pensée et de la presse, deviendrait peu à peu « progressive », c'est-à-dire •que conformément aux principes positivistes, ^lle se limiterait aux choses de Tordre temporel, abolirait le régime parlementaire, adopterait la devise « Ordre et progrès », pour céder enfin la place à la dictature positiviste exercée par trois prolétaires. Les mesures à prendre par la dictature progressive sont les suivantes : substituer à l'armée permanente quatre-vingt mille gendarmes; diviser la France en dix-sept Intendances, afin que Paris, allégé du fardeau de sa prépondérance matérielle , puisse exercer plus efficacement ses fonctions de métropole spiri-
i. Système, iv, 502 et suiv.