‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 49 sur 181 · Ibid.; m, 423 [296J · texte numérisé non relu

Ibid.; m, 423 [296J

condamnée comme la méthode d'observation interne sur laquelle elle repose*. Cette méthode est absolument vaine et absurde. « L'individu pensant ne saurait se partager en deux, dont l'un raisonnerait tandis que l'autre regarderait raisonner. L'organe observé et l'organe observateur étant dans ce cas identiques, comment l'observation pourrait-elle avoir lieu ))2? Tout au plus, continue le philosophe, serait-il possible de supposer que l'homme peut s'observer dans les phénomènes moraux, parce que, dans ce cas, l'organe observé et l'organe observateur sont différents. De môme, l'observation des fonctions affectives ne porte en somme que sur leurs manifestations extérieures. En outre, pour l'observation interne, il faut l'isolement le plus complet du monde extérieur et tout le repos d'esprit possible ; sans quoi, rien ne peut plus être observé dans l'esprit, puisque rien ne se passe plus dans l'esprit. Yoilà pourquoi Aug. Comte conclut que l'observation interne est, sous tous rapports, une absurdité. — Pour démontrer l'inanité de cette prétendue condamnation, il suffit de poser une simple question, qu'on aurait pu faire à Comte lui-même. Pendant qu'il argumentait delà sorte, avait-il conscience de son argumentation? et

4. Cours de philosophie positive, i, 33 et ss. [30 et ss.] 2. Ibid.; 1,35 [31]; m, 773 [539].

A. Comte. — Vie et Doctrine. — 7.

comment pouvait-il en avoir conscience sans l'observation interne ? Percevait-il son raisonnement par les yeux, par les oreilles, par l'odorat, le goût ou le toucher ?

Conséquemment à ces principes, la philosophie positive comprend six sciences principales dans Tordre suivant : 1. la mathématique, 2. l'astronomie, 3. la physique, 4. la chimie, 5. la physiologie (biologie), 6. la physique sociale ou la sociologie, ainsi que l'auteur l'appelait plus tardi.

Comte emploie pour la première fois cette expression, « sociologie », dans le quatrième volume (p. 252 [185]) de son Cours de philosophie, et dans une note il s'excuse de recourir à à ce néologisme.

Afin d'éviter tout malentendu, ajoutons aussi que, plus tard, dans la deuxième partie de sa carrière philosophique, il admit une septième science : la morale. D'abord il la regardait simplement comme une branche de la physiologie, par exemple dans son traité de 1822 2. A la fm de son Cours de philosophie positive, il la rattache à la sociologie ^.

Dans cette classification des sciences, l'auteur écarte expressément cette question : les diverses

i. Cours de philosophie positive, i, 96 [75]; 112 [86].

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