‹ Auguste Comte [microform], fondateur du positivisme, sa vie, sa doctrineChapitre 66 sur 181 · Littré, Aug, Comte et la Philosophie positive^ p · texte numérisé non relu

Littré, Aug, Comte et la Philosophie positive^ p

2. Voir Kirchmann, dans sa Préface à la traduction de Tabrégé de l'ouvrage d' Aug. Comte par Jules Rig(Heideli)erg, 1883, p. xiii).

même dans sa période de décadence, il est encore resté bien supérieur à ses critiques, J. St. Mill et E. Littré*. — De la manière dont Aug. Comte expose la philosophie des mathématiques, Dûhring conclut (dans son livre : Principes de mécanique) que l'auteur du Cours de philosophie positive est le seul qui, en véritable connaissance de cause, ait tenté une organisation logique des mathématiques et une conception philosophique des principes et des résultats les plus importants de la mécanique rationnelle 2.

Fr. A. Lange considère Aug. Comte comme le premier grand philosophe que la France ait produit depuis Diderot 3.

Au point de vue particulier de l'histoire de la philosophie, Ernest Bernheim, professeur à l'université de Greifswalde, voit dans Aug. Comte le « principal représentant » et l'auteur d'un mouvement dont l'influence est aujourd'hui très grande dans le domaine historique et social. Tout en rejetant les vues du philosophe, il reconnaît que sa théorie de l'évolution est exposée « en

i , E. Dûhring, Krilische Geschichte der Philosophie von ihren Anfângen bis zur Gegenwart^ 3*5 édit.; Leipsig, 1878; pp. 510 et 498.

2. Dûhring, Principien der Mechanik, 3® édit., Leipsig, 1877; p. 462.

3. Fr. A. Lange, Geschichte des Materialismus ; u vol.; 3e édit., 1877; p. 63.

A. Comte. — Vie et Doctrine. — 12.

grandes lignes géniales ». La loi d'évolution est « un premier essai, grandiosement conçu, de théorie sociale et psychologique », quoique cette loi, en tant qu'elle veut expliquer à fond les phénomènes d'évolution, conduise aux conceptions les plus fausses. Aug. Comte ne les a pas présentées dans toute leur crudité, comme Ta fait Thom. Buckle, parce que, malgré tout parti pris de système, l'auteur a conservé un goût prononcé pour les procédés réels et historiques. — La conclusion de Bernheim est que, soit médiatement (par Buckle, etc)., soit immédiatement (par Mill, Spencer), Aug. Comte a exercé une grande influence et ouvert la voie à toutes les recherches sur la psychologie des peuples *.

(5). Appréciations clé favorables.

77. — Herschel, Huxley, Renan. — A côté de ces témoignages, en somme favorables, des voix discordantes n'ont pas manqué de s'élever, même

1. Ernest Bernstein, Lehrbuch der hislorischen Méthode; Leipsig, Duncker, 1889; pp. 476 et suiv. — Maurice Brasch, parlant plus particulièrement de Buckle, dit que, par l'essai qu'il a tenté, d'après les principes de Comte, dans son Histoire de la civUisation en Angleterre, il est devenu pour ainsi dire le € Bacon de cette science » (la philosophie de l'histoire). — (Voir Alfr. Huth. H, Thom. Bucklé's Leben und "Wir/ten. (Abrégé de l'anglais). Leipsig, 1881). — Voir la revue « Unsere Zeit », 1882, pp. 608 et suiv. , ..

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dans le camp des savants incrédules, pour condamner Tœuvre d'Aug. Comte. John Herschel, par exemple, signale à Tauteur, jusque dans le domaine des mathématiques, certaines erreurs « qui auraient certainement fait échouer un étudiant à ses examens académiques »*.

Le professeur Huxley, dont le jugement est d'ailleurs troublé par la passion, s'exprime ainsi: « Dans les écrits d'Aug. Comte, la partie qui a rapport à la philosophie des sciences naturelles me semble avoir très peu de valeur. Elle me paraît démontrer que l'auteur n'a qu'une connaissance fort superficielle et acquise de seconde main de la plupart des études comprises sous le nom de « sciences ». Je ne veux point dire seulement qu'il n'est pas à la hauteur de la science moderne, ou que tous les détails de la science de son temps ne lui sont pas familiers. Personne ne pourrait faire à bon droit un pareil reproche à un écrivain philosophique de la précédente génération. Ce qui m'a frappé particulièrement, c'est que pas une seule fois il ne conçoit bien la science même dans ses grandes lignes, c'est qu'il juge d'une façon si absolument fausse du mérite des savants contemporains, c'est qu'il affirme les opinions les plus risibles sur le rôle que, d'après lui, certaines doctrines scientifiques sont appelées

1. Voir James Mac Cosh, Christianity and posilivisrn; Londres, Macmillan et C»«, 1875, p. 172.

iSO PÉRIODE DE LA « PHILOSOPHIE POSITIVE »

à jouer dans Favenir »*. — En une autre occasion, le môme savant naturaliste déclare n'avoir rien trouvé dans la philosophie positive de Comte qui soit digne d'attention au point de vue scientifique ; c'est, au contraire, essentiellement le con trépied de la véritable science 2; la philosophie positive est simplement « un tissu de contradictions, un amas d'absurdités »3. « Incompétence en philosophie et dans toutes les branches de la science, les mathématiques exceptées », écrit-il encore, « voilà le caractère évident du fondateur de la philosophie positive »*.

Ernest Renan n'est point, sans doute, un juge compétent en cette matière ; mais son appréciation d'Aug. Comte reflète l'opinion d'une classe de savants influents. Dans son discours de réception à l'Académie française, le 27 avril 1882, il admire Littré et il dit d'Aug. Comte, très superficiellement d'ailleurs, qu'il lui semble, sur la plupart des points, avoir répété en mauvais style ce que Descartes, d'Alembert et Laplace avaient dit avant lui en très bon style ^.

i . Lay sermons y p. 164.

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