‹ Auguste Marceau, capitaine de Frégate, commandant de l'Arche d'allianceChapitre 107 sur 178 · LIVRE II — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II — CHAPITRE VI

coupable de pénétrer dans ce sanctuaire. Mais, outre que Marceau nous avait laissé nos entrées libres en son âme, les règles communes souffrent parfois des exceptions. Et la vie elle-même de Marceau n'est-elle pas une exception magnifique? Notre apparente indiscrétion ne saurait donc être contagieuse. D'ailleurs, à côté de graves raisons, on trouve, dans la voie où nous nous engageons, des autorités illustres.

Nous offrons donc ce chapitre aux amis, aux connaissances de Marceau, aux officiers de marine chrétiens, à ceux qui ont vécu avec lui. Plusieurs pourront suivre ses traces.

Prenons au hasard, au milieu de ce volumineux dossier, quelques-unes des pièces qui sont à la charge de l'accusé-accusateur.

« 20 octobre 1841 . — En sortant du restaurant, « j'ai été un peu fat dans une discussion sur l'o- « rigine de la parole. En voyant dans le journal a la Flotte la réfutation d'un article que j'ai pu- « blié, j'ai remercié Dieu de cette épreuve; mais « j'ai senti que mon esprit se révoltait un peu « contre mes actions de grâces. »

« 22 octobre. — J'ai parlé un peu lestement « d'un de mes chefs. J'aurais dû être plus morti- « fié à dîner. »

« 23 octobre. — Je suis allé à une Commission ; « rien ne s'est fait convenablement; je n'ai pas eu « la force de m'opposer à cette négligence. »

2oi VIE DE, MARCEAU.

« 26 octobre. — J'ai été un peu paresseux. J'ai « été trop médisant. Que signifiece trop?... comme « si j'avais le droit de l'être un peu !... quelle sot- « tise ! »

« 28 octobre. — Jemesuislaissé aller, plusd'une « fois, dans la matinée, à une opinion baute de « moi-même : la lettre que m'a écrite Enfantin y « a peut-être un peu contribué. »

« 3 novembre. — J'ai mis de l'emportement « dans l'affaire de l'aide-mécanicien. Je me suis « laissé aller encore au respect bumain comme « hier. Jusqu'à quand , mon Dieu , vous renie- « rai-je? »

« 4 novembre. — A l'église, ayant aperçu une « personne, j'ai été tourmenté par des sugges- « tions diaboliques; je les ai renvoyées au diable. « — M. l'abbé Olivier m'a dit de me défier de a croire à ma sagesse; je lui ai dit que j'espérais « bien me tenir en garde là-dessus, et à peine « l'avais-je dit que j'y ai été pris, lorsqu'il s'est « recommandé à mes prières. »

« 6 novembre. — A l'église, j'ai succombé à « une curiosité vaniteuse. A bord j'ai examiné « un peu légèrement peut-être les comptes du « commis, en homme qui n'a pas tout le courage « de son devoir. »

« 7 novembre. — J'ai reçu trop froidement un « parent éloigné, non toutefois par orgueil ni va- « nité. Je n'ai pas assez surmonté la répugnance

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