LA SPHYNGE
sS AUGUSTE RODIN. S
n 1900, à côté et en dehors de l'Exposition universelle, un pavillon spécial contenait les plus belles œuvres qu'Auguste Rodin avait produites jusqu’à ce moment, sauf ses monuments qui ornent les places publiques, les jardins et les Musées. C'était
une magnifique exposition ; elle attira des milliers
de visiteurs qui s’étonnèrent de que l’homme capable, en une si vaste salle, d'évoquer un si magnifique passé et un si robuste présent, fut tout entier représenté dans un bâtiment à lui, latéral à l'exposition, et pas du tout ou presque pas dans l'enceinte des bâtiments officiels. Eu effet, les bureaux qui avaient essaimé tant de commandes pour orner tant de pavillons, de palais et de portes avaient totalement négligé de demander le moindre apport à celui, que sauf eux, sauf quelques membres de l’Institut et quelques pions envasés de routine, tous les Français un peu au courant de l'Art et tous les bons artistes, et tous les critiques de valeur s'accordent à reconnaître comme le plus grand de nos sculpteurs vivants; et encore à quelques uns cet éloge paraitraïît mince, à Jules Chéret qui me disait récemment: «Rodin c'est plus qu'un
sculpteur, c’est exceptionnel, c'est Rembrandt sculpteur.» Mais il n'en est pas moins vrai que chargé de gloire, admiré par toute l'élite,
ETUDE DE MAIN