‹ Auprès d'un mourantChapitre 19 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'observation clinique des malades montre qu'il faut compter avec les états de mort apparente.

Un sujet immobile, présentant un arrêt des contractions cardiaques et des mouvements respiratoires, à visage cadavérique, peut cependant, soit spontanément, soit par le traitement, s’animer de nouveau.

Nous rapportons, dans ce sens, une observation qui peut être retenue. À plusieurs reprises, chez un vieillard asystolique, azotémique et polyscléreux, tout fait penser à la mort définitive et cependant le sujet se réanime.

Le problème de la réanimation implique diverses épreuves d'ordre thérapeutique qui ont été résumées et que l’on doit toujours entreprendre, même dans un cas en apparence désespéré. A)

La caféine est un des plus puissants parmi les agents pharmacologiques à mettre en jeu.

Nous avons rapporté ses beaux effets expérimen-

taux dans l’intoxication chloroformique, l’électrocution, le coup de chaleur.

Nos recherches personnelles ont également démontré son action dans deux cas de mort apparente des plus redoutables en clinique : l’asphyxie et l'intoxication par les barbituriques.

Un cyprin est soumis à l'épreuve de la mise à sec pendant trois heures et demie. Il est immobile, n’a plus de mouvements respiratoires, ne répond plus aux excitations de pincement, se balance comme une masse inerte lorsqu'on le suspend par sa nageoïire caudale. Placé dans une solution caféinée, il reprend sa respiration, ses mouvements, et il retrouve son équilibre. Le lendemain, il est en vie alors que le témoin est définitivement inerte.

D'autre part, un cyprin est profondément intoxiqué par le gardénal. On le laisse une heure et demie dans une solution de gardénal sodique à 4 p. 1.000. Il a perdu alors toute équilibration, il reste inerte ; ses mouvements respiratoires, des plus faibles, ne tardent pas à disparaître pour toujours dès que le poisson est replacé dans l’eau. Par contre, celui qui est soumis à un bain médicamenteux caféiné retrouve, avec une rapidité souvent surprenante, son rythme respiratoire, son équilibration, son activité motrice. Il est d'aspect normal le lendemain.

Quand on pense à l'importance de l'intoxication subie, à l’affinité du gardénal pour la substance nerveuse, on ne peut être que surpris par l’action remarquable de la caféine. Notons du reste qu'une forte dose

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est nécessaire et est bien supportée qui ne serait pas sans danger pour un poisson neuf.

En raison de la gravité des intoxications par les barbituriques, il semble que l’expérimentation apporte là des résultats encourageants que l’on pourrait peut-être transporter avec fruit sur le terrain clinique.

Vu : Vu:

Le Doyen, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, ROUSSY. Léon BINET.

Vu et permis d'imprimer :

Le RECTEUR DE L’ACADÉMIE,

CHARLETY.

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