DEVOIRS DU CHARGÉ D'AFFAIRES
servir infiniment et vous donner des instructions des choses principales sur lesquelles vous avez à l'heure qu'il est à avoir le plus d'attention.
Vous ne devez pas en avoir moins pour tenir la même conduite avec l'envoyé de Hollande, et vous devez voir souvent aussi les ministres des princes d'Italie et en général ceux dont vous saurez que les intérêts de leurs maîtres s'unissent davantage avec ceux de Sa Majesté. Mais ayez une attention extrême à ne rien confier aux uns ou aux autres dont ils puissent abuser pour les intérêts de leurs maîtres au préjudice de ceux de Sa Majesté. On peut marquer de la confiance sans faire de confidences nuisibles ou hasardées.
Quand Sa Majesté vous donnera ses ordres pour les affaires que vous verrez qui ne regardent uniquement que la Conférence, vous aurez grande attention de commencer toujours par porter les ordres que vous aurez à M. le prince Eugène, h M. le comte de Zinzendorf quand il sera ici et à M. le comte Gondacre de Starhemberg.
Vous éviterez, autant qu'il sera possible, de donner des mémoires par écrit signés ; mais vous n'en donnerez jamais sur aucune affaire, sans exception, avant d'y avoir été autorisé par les ordres de M. le garde des sceaux, parce que comme vous n'avez point de caractère, il pourroit y avoir des difficultés sur le poids que naturellement doivent avoir des mémoires d'un homme chargé des affaires du Roi.
Dans les affaires qui peuvent regarder l'Empire, vous vous «dresserez au vice-chancelier et au président du conseil aulique, aussi bien qu'aux ministres de la Conférence, à moins que ce ne dussent de simples ordres ou détails et affaires de particuliers «jui n'exigeroient pas d'être communiqués aux ministres de la Conférence.
Pour les affaires qui regardent l'Italie et le commerce du royaume dans cette partie de l'Europe, vous les porterez premièrement à M. le marquis de Rialp ', et quand il vous dira qu'il fora passer cette affaire au conseil d'Espagne, vous vous adres-
1. Ministre du conseil d'Italie, Catalan attaché à la fortune de Charles VI, près duquel il était fort en faveur.