Authenticité et date des livres du Nouveau Testament
On ne saurait nier que, grâce à l’esprit d’investigation et de critique qui caractérise notre époque, le champ des connaissances humaines ne se soit, de nos jours, singulièrement étendu. Nous avons vu naître el grandir des sciences ignorées jusque-là. D'autre part, on a rectifié et développé les résultats acquis par nos devanciers et souvent, avec des matériaux inutilisés ou dédaignés par eux, on a élevé de superbes édifices. :
L'exégèse n’était assurément pas chose inconnue: l'interprétation plus ou moins critique des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament a fait
couler, dans le passé, des flots d'encre et de pa-
roles, à peu près en pure perle cependant, si l’on en croit une école toute moderne. C’est que la vraie méthode n’était pas trouvée ; sa découverte daterait seulement d'hier.
Il en serait de l'exégèse comme de la philolo-
2 eue INTRODUCTION
| gie. Quoi de plus vain et de plus impertinent que les
fantastiques déductions des philologues d’autre- |
fois | Mais, depuis que leurs successeurs ont mis le pied dans le bon chemin, quel espace n'ont-ils pas parcouru en peu d'années ! Ils ont expliqué l'origine, les déviations et les progrès des langues et apporté à l’histoire de l'humanité un contingent inattendu de lumière. Ainsi, ces réformaleurs de l'exégèse, rejetant d'inutiles subtilités où la théologie tenait trop de place, se seraient établis enfin sur un terrain solide et, pour la première fois, nous auraient rendu de la genèse de la religion chrétienne un compte raisonné.
Le mouvement dont il s’agit, né au siècle der-
nier, s'est d'abord développé en Hollande, en Alle- :
magne et en Angleterre sans atlirer beaucoup l'attention ; il fit plus de bruit dans la suite à l'Université de Tubingue ; les protestants libéraux de Strasbourg commencèrent à le propager en France. Il ne paraissait pas néanmoins devoir, dans notre pays, sortir d'un cercle restreint, lorsque M. Renan, entraîné dans son orbite, sut intéresser à la discussion le grand public.
Laissant de côté toute préoccupation confes- | sionnelle, M. Renan a surtout cherché à mettre
en relief les conséquences de celte rénovation de
l'exégèse pour l’histoire. Mais, au lieu de compo-
ser des dissertations fastidieuses qui n’auraient
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