AUDE OUT EU MAD? >EMERSON
sées et des sentiments humains. On Ne ainsi l AL d'âme franscendantal qui est « la béatitude morale » et, pour ainsi dire, le paradis d’'Emerson (1). |
A ce sujet il semble même qu’une fois pour le moins Emerson ait entrevu l’inversion nietzschéenne. Il écrivait déjà dans l’essai intitulé Self-Reliance : « Qui veut cueillir les palmes immortelles ne doit pas s’arrêter au 4 mot de bonté, mais examiner si vraiment la bonté est. telle (2). » Dans un passage du Journal, il va plus loin : « Je voudrais savoir si quelqu'un est jamais monlé sur une monlagne assez haut pour dominer le bien et le mal, les voir se confondre et mêler leur cours, de sorte! 2 que la justice n’eûl plus de sens pour lui (3)... » — Quelle application exacte Emerson prétendait-il faire de cette maxime que le contexte éclaire insuffisamment, il à est assez malaisé de le dire : le sens en paraît cependant évident. Il semble bien qu'Emerson ait senti, comme Nietzsche, la possibilité de regarder « par delà le bien et le mal ». — Zarathoustra aurait pu descendre des hautes vallées de l’Engadine et se révéler en répondant affirmativement à cette question d’Emerson.
Emerson qui voyait, tout à l’heure, du danger pour l'univers dans l’avènement d’un penseur nouveau, a montré plus d’une fois le monde à la merci d’une génération nouvelle : «Les choses chères aux hommes à l’heure où nous sommes, le sont à cause des idées qui ont émergé au-dessus de leur horizon intellectuel et qui sont la cause de l’état présent, comme le pommier est la cause de ses pommes. Un degré nouveau de culture révolutionnerait instantanément le système entier des choses humaines (4). » Aïnsi, pour Emerson comme pour Nietz-
) Cf. tout l’essai intitulé The Over-Soul.
) II, p. 50.
) Emerson's Journal, IT, p. 435.