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Lettre à M. Nicole, 7 décembre

« Îl y faut regarder de près. Je trouve presque partout des erreurs, des vérités affaiblies, des commentaires mauvais mis à la place du texte, et enfin les pensées des hommes au lieu des pensées de Dieu; un mépris étonnant des locutions consacrées par l'usage de l'Église!, et enfin, de tels obscurcissements qu'on ne peut les dissimuler sans prévarication. Aucune des fautes de cette nature ne peut passer pour peu importante, puisqu'il s'agit de l'Évangile qui ne doit perdre ni un iota ni un de ses traits?. »

1. « C’est ainsi que, dans un précédent ouvrage (Études évangéliques), M. Loisy emploie souvent le mot: « fables » à propos des paraboles évangéliques. » Note de S. E. le Cardinal Perraud.

2. Lettre à M. de Malézieu, chancelier de Dombes, 19 mai 1702.

IN

Conclusion d'un article écrit par Mgr Pierre Batiftol, recteur de l'Institut catholique de Toulouse, le jour de « Noël 1902! », sur L'Évangile et l'Église.

Ainsi l'Évangile a été une « perspective « eschatologique. Quant à l'Église, elle a été une adaptation, une correction vivante et continue de cet Évangile. Cette adaptation n'a pas dit son dernier mot, qui sera le symbolisme. On peut ramener à ces trois termes la doctrine du livre de M. Loisy, et les conditions auxquelles il réconcilie l'Évangile, l'Église et la conscience contemporaine... Nous croyons avoir

suffisamment indiqué, au cours de notre analyse, ‘les raisons qui ne nous permettent pas de voir dans

« l'Évangile » une simple apocalypse. Quant au symbolisme, il ne relève pas de l'histoire : c'est le refuge transitoire où les positivistes abritent leur émotion devant l’inconnaissable. Quant à l'œuvre de l'Église telle que la conçoit M. Loisy, œuvre d'adaptation collective, séculaire, anonyme, | avoue ne pas découvrir en quoi elle diffère, au fond, de l’œuvre indivi-

4. Publié dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, janvier 1903.

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duelle tentée par M. Harnack quand: il prétend adapter le christianisme en une formule acceptable aux étudiants berlinois de 1900, ce en quoi il est si fort raillé par M. Loisy : l'Église aura modernisé perpétuellement l'Évangile en l’aliénant. Il ne nous reste plus qu'à laliéner tout à fait en passant à l'agnosticisme.

Nous ne revivrons plus, quelque bonne que soit notre volonté, le point de départ, c’est-à-dire la pensée de Jésus. Le Maître, si nous osons l’appeler encore de ce nom, a inauguré un mouvement qui s'est propagé, mais non une doctrine qui se perpétue, fidèle à son type original, dans la détermination de ses traits essentiels. Ce mouvement, si son énergie ne s'éteint pas, traversera les orthodoxies où la tradition a pensé le fixer à jamais. Le catholicisme, s'il accepte ce dogme nouveau, le dernier, le dogme du développement ainsi conçu, rejoindra la « foi sans croyance » de Sabatier, le « Undogmatisches Christentum » de Dreyer, et mieux encore, et pour cause, l'agnosticisme spencérien de Caird.

Je m'arrête et n'ai pas le courage de qualifier, je ne dis pas celte critique historique, car la critique historique n'est plus ici en cause, mais cette philosophie de la religion !.

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