La Vérilé française, 1 février
A. Loisx. — Autour d’un petit livre. 18
évêques, au sujet de l’Ancien et du Nouveau Testament, des critiques offensantes et des appréciations téméraires;
Qu'il est de nature à scandaliser les âmes et à fausser leur jugement en matière de foi;
Avons déclaré et déclarons par les présentes :
Que ce livre est dangereux et nuisible;
En interdisons la lecture aux prêtres et aux fidèles de notre diocèse.
IT. — Ayant pris connaissance de l'ordonnance de S. É. le Cardinal Archevêque de Paris, qui condamne l'ouvrage de M. l'abbé Loisy intitulé : L'Évangile el l'Église,
Nous le réprouvons à notre tour pour les mêmes motifs et en interdisons pareillement la lecture au clergé et aux fidèles de notre diocèse. É
Donné à Angers, le 6 février 1903.
+ Joseru, Évêque d'Angers.
Note publiée par Mgr Louis-Henri-Joseph içon, Évêque de Belley!.
s nous joignons au vénérable Cardinal de Paris
r féliciter l’auteur ? de sa soumission. Mais cette ssion n'empêchant pas le livre d’être dangereux
aris, 24 février 1903.
De L'Évangile et l'Église.
Extrait d'une lettre adressée par Mgr l’Archevêque de Cambrai au clergé de son diocèse.
A notre époque de concessions à outrance, sous prétexte de convertir ou de ramener à l'Église, qui est surnalurelle, de par la volonté expresse de son fondateur, on prend des moyens exclusivement naturels, et, pour mieux adapter et généraliser nos dogmes, on cherche des formules qui, tôt ou tard, conduisent au doute, à la négation ou à la quasi-négation de l’ordre divin. Ainsi quelques-uns croient qu'il n’y a pas moyen d’arracher les Livres saints au reproche d'erreur, si on ne se décide à faire preuve d'initiative personnelle, en les présentant presque comme des livres ordinaires et en les étudiant comme des productions purement historiques. Autrefois « nous traitions l’Écriture sainte comme une seconde Eucharistie », aujourd'hui ce respect semble refroidir de plus en plus, en proportion de l’affaiblissement des vues surnaturelles.
L'Église ne craint pas la lumière, elle honore les
4. La Gazette de France, 28 février 1903. Cf. Supr.., p. 265.
savants, elle bénit les généreuses iutiatives, elle encourage les recherches scientifiques. Qui, plus que Léon XII, a poussé aux études? Ce qu'elle condamne et réprouve, c’est l’audace de certains novateurs qui, brisant avec l’enseignement traditionnel, s'appuient sur des méthodes souvent inconnues, téméraires et périlleuses, parce qu'elles rejettent toute idée de foi, pactisent avec des principes douteu*ou compromettants, préconisent de nouvelles orientations, découvrent sans cesse de nouvelles aspirations, comme si l'Église n’était pas immuable dans ses affirmations.
Aussi bien une telle exégèse n’est pas de la science, mais du sentiment. Certes nous sommes et nous devons être pleins de déférence pour les personnes, leurs intentions, leur bonne foi, et, dans les discussions, éviter toute passion et tout amour-propre. En ce qui concerne les doctrines, ne craignons pas de nous montrer justement sévères en regard de concessions, compromis, hardiesses, tendances incompatibles avec nos croyances. Æ's{, est, non, non : Cela est, ou cela n’est pas.
Vous défendrez franchement l’axiome séculaire : Il n'y a pas d'erreur dans la Bible. Que si quelques textes paraissent mystérieux, obscurs ou difficiles, que si les interprétations de tel ou tel point apparaissent moins concordantes, recourons à l'étude et à la prière. Soyons progressifs, mais orthodoxes et traditionnels.
Extraits de la lettre écrite par S. É. le Cardinal Perraud, Évêque d'Autun, membre de l’Académie française, à M. C., ancien élève de l'École normale, agrégé et professeur honoraire de philosophie, à propos de L'Évangile et l'Église !.
Sans doute, dans ces pages signées par un prêtre, on ne se heurte pas à des négations formelles des vérités fondamentales sur lesquelles repose l'économie de la foi chrétienne. La méthode employée dans ce livre est, si je puis m'exprimer de la sorte, essentiellement fuyante et nuageuse. Presque à chaque page on se demande si l’auteur a voulu dire telle chose ou le contraire; s'il entend répondre aux objections du professeur protestant dont il analyse les conférences sur L'essence du christianisme, ou bien s'il se les approprie, tout en essayant soit de les atténuer, soit de les accommoder tant bien que mal aux enseignements traditionnels de la théologie catholique.
Oserai-je dire, en me servant d'une comparaison