‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 2 sur 37 · LE PACTE · texte numérisé non relu

LE PACTE

Tu as entendu le Curé, hier! tu l’as entendu! Il a déclaré ouvertement du haut de la chaire, qu'il ne veut plus d’auberge dans la paroisse. Il y tient... Qu'en penses-tu, toi ?... Tu vois, Jules, .…. recommencer... Les curés sont tous pareils... Si on les écoute,-si on lés laisse faire, ils auront bientôt fini par mener tout le monde par le bout du nez... Pourtant, ces calotins savent se la couler ques; tandis que les pauvres diables comme toi et les Canadiens vous vous saignez à blanc pour les nourrir, les entretenir dans la plus belle maison du village. En retour ils vous payent comme vous le méritez, puisque, en ur mot, vous les laissez faire sans rien dire. Aussi, ls

aveers d'en sims

ob ot ont la force dé ne leur pas obéir.

—Monsieur Sellier, dd: sile NS rond ot ail cependant, pour être juste nous devons dire que, dans le sermon d’hier, il n'y a qu'une chose à reprendre à M. le Curé est contre l'auberge, et vous et moi, nous sommes pour.. Et vous avouerez avec moi qu'il n'a pas tout à fait tort. Si, en effet, nous étions un peu moins intéressés, nous pourrions nous rendre compte qu’il y a des abus.

Tiens ! reprit celui qu'on appelait Sallier, estce que Jules Rougeaud, Rougeaud le “petit-coup” va se |

Apôtre qui ne crache pas dedans, dirait la vieille si cile vivait encore

C'est vrai! M. Sellier, je ne crache pas dedans ; je ne m'en cache pas, je ne suis pas un hypocrite, moi! je prénds mon coup quand le coeur m'en dit: et vous | savez qu'il faut que ça gratte..... Ce que j'ai dit, tout à l'heure, je le maintiens, le Curé a parfois raison de se plaindre de l'auberge: il serait de notre intérêt de faire observer notre ps, et le Cork s'onrait rien à dire...

“dois 7 00 4 6 Rotgeaud | tant que l'auberge existera, tu verras: le

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AUTOUR D'UNB AUBBRGS nôtre...

Monsieur , Sellier, je. commence à étre las de cette lutte annuelle. j'aimerais que ça finisse une bonne fois. ..!

—Jules, este notre faute si chaque année la lutte-est à recommencer ? De quoi le Curé rientil se mêler ? Est-ce son affaire, à Jui, de -véuloir tout conduire | As-tu jamais eu l'idée d'aller chanter la messe, de confesser, toi ? L'affaire des auberges, des licences, regarde les citoyens, pas les curés, l'ya belle lurette qu'ils ne s'en mêlent plus en France. On les à vite mâtés, les curés. À chacun sa besogne: ja cuisinière à sa marmite; le meunier à son moulin: le bedeau à sa cloche, et le curé à la sacristie Pour en revenir aux auberges, chaque bourg dans mon pays en possède une ou deux, quelques fois trois ; c'est une nécessité quoi ! Je t'assure qu’au Parisien, au Tivoli. à la Toison d'or, on t'en sert du vin et du meilleur, poif une bagatelle, Et on voudrait le voir je-curé qui: viendrait se frotter contre ces petits Français ! Veux-tu que je te dise toute ma pensée: Vous autres, nadiens, vous êtes une race de poules mouillées, | Depuis Vingt ans que je suis-en Amérique, c'est toujours la même chanson; les curés se mêlent de tout ce qui ne les regardent pas. Il faut leur demander la permission de sortir, de boire, de tuanger, vous ne pourrez même plus prendre le petit Coup qui pourtant

regaillardit ; c'est de la bêtise ! 11 faut être un peuple * de sots pour subir pareil esclavage ! Vive la France ! pays de toutes les libertés.! < | Dans tous les cas, mon cher Rouges, je suis . venu te dire que le sermon d’hier commence à remuer l'opinion. Quelques hommes sont venus au moulin, ce matin, et des gens qui savent avaler Ça, pourtant, sont d'avis que le Curé a raison, et que, pour un an, on devrait retrancher l'auberge. Je compte -sur toi, entends-tus comme par le passé, pour travailler dans le sens contraire. Le moulin a besoin de l'auberge, et l'auberge a besoin du moulin. L'un ne marchera pas sans l’autre. ‘Tu sais où vont les recettes, hein!: Si l'auberge disparaît, je ferme le moulin... Le moulin fermé, tes revenus seront minces. D’un-autre côté, il m'est tout à fait impossible de paraître au grand jour ; toi, tu es le-maire, l’homme de confiance de tout le monde, il te faut marcher. Je te fournirai la munition, et les pièces sonnantes qui aüront raison des . scrupules de bien des dévots: tu te rappelles le succès des années passées et des dernières élections ? Une poignée de billets verts ramène vite à la raison, Quant aux arguments de ceux qui ne voudront pas se vendre, il y en a, tu sais, démontre-leur que retrancher l'auberge, c’est faire reculer la paroïsse de vingt ans en arrière, C'est la ruine du commerce. . .., où iogeront les voyageurs ? D Ce

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vente des boissons en secret, on en trouvera toujours... Les curés, ça ne connait rien là-dedans ! ‘Tiens... voici deux cents piastres, j'espère que tu en auras assez pour en acheter plusieurs.

Après ce discours, qu’il entendit sans broncher. Rougeaud tendit la main pour prendre le rouleau que lui ptésentait Sellier, et, comme pour excuser son action infâme, endormir sa conscience, il reprit : — TL C'est un marché fait. Après tout, il faut vivre, et les curés ne m'en ont jamais donné. Qui sait si vous n’aviez pas raison tout à fait en disant qu'ils se mêlent sou.

vent d’affaires qui ne les regardent pas. Dans tous

les cas, il faut du pain pour mes enfants; ils en auront. L'auberge restera où elle est en dépit de toutes les soutanes äu monde, foi de Rougeaud le petitcoup” !

À 2 du Dies hou à Vol Qui ou Une. parié, avant tout il faut être pratique. Mais il faut te hâter. Vois les tiens d’abord, et les gens d'en bas: Bon courage ; à bientôt des nouvelles. Et les deux copains, en guise d'adieu, échangèrent une poignée de mains, scel- Jant ainsi ce __—— diabolique. ;

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